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REPORT DU HELLFEST 2009


Constatant qu'on n'est pas au bout de notre peine en matière d'immondice musicale, on doit selon la grande tradition annuelle, se taper le raout de la fête de la musique donnant ainsi le la bémol du passage estival vers les festoches, dont chaque ville de France dispose désormais du sien. A 8km de chez oim (pour parler le jneus branché), Castres, ville aride en concert de rock, a établit sur 3 soirs un programme subtilement à chier dont les principaux protagonistes sont au rock ce que serait la langue de beauf vinaigrette à un libanais comme plat principal. Castres donc, qui possède la même ferveur un samedi soir qu'un souper hebdomadaire d'agriculteur au bord de la Durenque, le cul calé devant le clapotis d'une soupe verdâtre entre la résonance volubile des mouches à merde et les pets du patriarche qui en cadence le repas. Voilà, nous y sommes, las, entre nous, au beau milieu d'un rien que le vide intersidéral ne parvient pas à réveiller la moindre couille de révolte.

Depuis le Voodoo lounge tour en 94 où je me suis ennuyé à Montpellier sous une canicule de plomb à constater que les Stones ne valaient pas pet de nonne, j'ai une crise d'urticaire rien qu'à entendre qu'il y a 20 milles gus pour assister à un show. J'ai donc énormément de mal avec les festivals, car ce gigantisme entasse la plupart du temps les gens comme un troupeau de bétail pour l'abattoir de la consommation culturelle de masse. Puis selon que vous êtes placé, soit vous avez les oreilles en sang car les enceintes doivent produire autant si ce n'est plus de décibels qu'une usine de textile chinois en pleine expansion. Soit c'est Kevin où Kimberley qui grimpe constamment sur votre dos afin de passer par dessus les têtes et rejoindre les bords de scène afin de revenir à la même place (c'est à dire derrière vous) pour recommencer leur petit manège créant aussi une contagion épidermique d'une lourdeur incommensurable. Et je ne vous parle même pas des camions d'éboueurs et de leur muzak qui décharge des Kilos de ferraille électronique comme si 20 milles gus se mettaient à taper sur des barriques de vingt litres.

Car si la plupart de l'année on assiste à des concerts dans des bars, salles à l'affluence limitée, quand d'un coup d'un seul on arrive comme médusé devant un truc de plusieurs hectares, on a la sensation d'être un gros plouc débarquant chez Mickey Mouse, avec les yeux d'un puceau devant une nymphe hyper chaude à oilp, et de l'excitation plein les neurones avec les pilosités qui s'ébouriffent sur tout le corps.


107qe4l.gif Je suis allé au Hellfest cette année, comme on va à une thérapie, et je me suis éclaté, pas par terre, mais dans la tête. Ce fût tellement fulgurant que depuis je ne rêve que de voir Kiss en concert.




« Il y avait moi, c'est à dire Alex et mes trois droogies, c'est à dire Pete, Georgie et Dim. Nous étions installés au Korova Milk Bar à nous creuser le rassoudok pour savoir où passer la soirée. Au Korova on sert du Lait plus, lait plus Vellocet ou Synthemesc ou Drencrom. Nous, on en était au Drencrom, ça vous affute l'esprit et ça vous met en train pour une bonne petite fête d'ultra violence »


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Le Hellfest c'est trois jours de crossover métal, d'ablution active pour des freaks qui se réunissent avec la perversion d'appartenir à une grande communauté d'indésirable. Diaspora tant décriée pour sa diversité aux mœurs « théâtrales », le festival se fait fort d'accentuer cette singularité évènementielle avec la consécration par son public séduit et conquis à sa dépendance.

Arrivé dans une virginité de funambule peu avant l'heure où le soleil est à son zénith, je remonte le courant ininterrompu de hellfesters/euses qui ont les bras chargés de rafraîchissements à base de houblon doré. Arrivé aux portes de l'hyper de Monsieur Édouard Leclerc, je me dis que le directeur de cet antre de l'american way of life, doit être très reconnaissant des nombreux achats de ses ouailles méphistophéliques.

Pour l'anecdote, je me suis acheté un calepin pour colporter les infos exclusives dont vous êtes en train d'en lire le rapport, par vos yeux ébahis de vivre ( où de revivre) la fresque de mon week-end au milieu de cette Amoco Cadiz (première marée noire sur les côtes bretonne en mars 1978 ) de métalleux. J'ai ainsi pu à loisir entendre dans ce commerce de surabondance, deux cent gars ornés de t-shirt de métal bramer ensemble pendant quelques minutes des : Wharrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrg ! De ferveur enthousiaste, devant une assemblée de mère de famille et de bambin hilares de cette embardée vocale, qui leur métamorphosaient le quotidien l'espace d'un week-end en acier trempé.


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Mon pass en poche, je rentre dans le cœur du domaine du malin pour trois jours d'effluves soniques et de bonheur nostalgique. Je n'ai pas aperçu la moindre couille d'un anti-hellfest, pourtant il y eu une vaste polémique sur le net.

Le camping est déjà saturé le vendredi à 11h00, ma décision sera immédiate, un repli stratégique auprès de la voiture avec comme horizon une nimbée de toiles de tentes dé-pliables en quelques secondes. Le domaine du Hellfest est vaste, sa conception est élaborée de manière a ce que chacun s'y retrouve, permettant à d'amples couloirs de circulation de drainer un flux de festivaliers conséquent vers les différentes scènes, qui sont au nombre de quatre. Deux grandes scènes se jouxtant nommé « Mainstage » avec les têtes d'affiche et tout le gratin du métal de stadiste. Puis deux scènes sous chapiteau avec la « Terrorizer Tente » d'une taille plus petite que la RockHard Tent.

Si vous tenez à avoir des chiffres c'est 60000 personnes en 3 jours avec un pic le samedi sold out, un très bon festival en terme de fréquentations donc. J'ai trouvé que l'organisation était vraiment très bien conçue, bien sûr vous trouverez toujours des mécontents et pour n'importe quoi, il serait irréel de satisfaire la moindre exigence de 60000 personnes cela va de soi. Ce n'est pas non plus un hangar à bestiaux, loin de là, l'évènement est réaliste et fonctionnel, cartésien dans sa mise en œuvre. Pourtant je ne suis pas un féru de ce genre de manifestation, mais j'avoue que cela m'a procuré un bien fou de voir autant de personnes comblées de participer à un événement unique (dois je le rappeler sans cesse ? ) en France.

Le premier groupe que j'entends en arrivant c'est Girlschool, groupe Anglais formé en 1975.


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Le girlband le plus bandant des 80's, qui a tourné avec Motorhead, Saxon, Deep Purple, etc... Leur musique est simple car née pendant la lame de fond du punk anglais pour laquelle le combo y puise l'adrénaline, l'agressivité dans des riff gorgés de heavy et de hard rock. « Screaming Blue Murder » est le premier album que j'ai entendu d'eux, nous sommes en 1982, et des nanas qui pratiquent ce genre de muzak se compte sur les doigts d'une main, maximum respect pour ces femmes.

Surtout qu'après j'avais pu me procurer leur deux albums antérieur « Demolition » et « Hit and Run » de 1980 et 81 et qui furent leur meilleur album. Donc aucun préjugé mais surtout une profonde estime à les voir, en fait je me suis simplement dît qu'il suffisait d'écouter. Mais voilà, après un départ en queue de poisson avec une guitare malentendante, ce que j'entends par la suite ne sera que juste sympatoche et n'ira pas plus loin. C'était pas un super concert, c'était pas non plus mauvais, c'était juste cool de les voir et de les entendre car elles le valent bien.




God Forbid par contre m'a séduit avec son metalcore sombre et puissant qui conjugue habilement la pugnacité et la technique musicale des années 80 avec un chant emprunté au Hardcore et au Death. Un bon crossover qui donne le ton de cette nouvelle Amérique : Force, émotion, puissance. Bon set de leur part avec un chanteur Byron Davis équivalent à un metalObamacore ou pour afficher une image de l'ovalie méridionale à un Mathieu Bastareaud pour sa puissance et cette capacité de percussion.

La faune du hellfest est pour un bon nombre de concitoyens hexagonaux conçue de gens asociaux qui veulent détruire la société. Pourtant à les voir faire, ils agissent comme les autres. Ils patientent silencieusement en rang d'oignon pour s'acheter des tickets conso et ne semblent pour le moins du monde s'écarter des schémas classiques du couple traditionnel, où se rebellent d'une quelconque manière contre la sécurité, même si leur accoutrement pour la plupart dénote du cadre commercial de base il faut bien l'avouer. L'habit ne fait pas le moine, et le moine devrait plutôt se magner le fion à fabriquer de la bière plutôt que des prières car le peuple à soif et il fera très chaud tout au long des trois jours, avec des nuits contraires où le thermostat a chuté avec autant d'aplomb qu'un gars qui se jette d'un pont.

Que dire des Nasville Pussy si ce n'est que le public s'est fait gobé les mirettes avec les nibards sensationnel de la guitariste et de la bassiste, mais aussi tout de même avec la crasse rock'n'roll de leur muzak sauvage. Ils feront un set de bravoure rock'n'rollienne comme ils en ont l'habitude, toujours le rouge au sang et la ferveur croustillante afin de stimuler toutes les embardés que leur rock'n'roll sonique requiert. Le dernier album en date se nomme « From hell to Texas » et à tendance à lorgner du côté du south profond avec du blues à la place du punk, autant craspec qu'avant mais moins dans l'énergie du punk rock.



Il y a un aspect loufoque dans le métal, hypertrophié en grande déconne que la plupart n'ont pas oublié, et dans ce dédale de bordel démesuré, on retrouve des altérations vestimentaires qui compilent plus de trente années de métal à eux tout seul, et sans trucage.


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La particularité de ce festival (outre la musique), tient aussi à son public, venant plus nombreux chaque année car cet événement spécifique en son genre dans le pays, tient aujourd'hui la place grandissante d'un lieu culte, et d'une grande fierté, d'ailleurs il y a un très bon esprit et cela se ressent dans des set de haute volée avec une formidable interaction avec le public. Constatation manifeste quand de nombreux groupes ont annoncé avoir produit leur meilleure prestation européenne. Cela paraît puéril de l'écrire mais ce donnant/donnant produit de superbe arc électrique en concert avec une surtension qui ne cesse d' amplifier la dévotion du public pour le Hellfest.



Le rock'n'glam des Backyard Babies fût la bulle d'O2 du vendredi, parce que le groupe est venu tout simplement rappeler que le heavy métal a pris son envol avec l'émancipation du punk rock et du gypsie rock (ancêtre du glam). Une Gibson et une Gretsch pour du sleaze rock plein fer dans le cornet, en fait tout ce qu'il fallait pour enduire les cages à miel de dépravation punk rock, et pour accueillir en fin de soirée la blonde et les brunes du Crüe. Le son est sale et assez pernicieux pour permettre au gang scandinave d'assouvir ses riffs déliquescents vers la perversion : Un pur délice. Mais vous vous dîtes ouaip rien de neuf, certes mais que c'est bon aussi quand c'est usé jusqu'à la couenne et que vas y que je t'envoie du lubrifiant dans les coursives auditives avec des riffs colorés et ses zestes de Sleaze rock qui produit une surdose d'énergie, surtout avec leur lead guitariste Dregen en pleine montée de sève.




Bon, je vais vous faire un aveu maintenant, le principal problème des groupes de doom, de sludge métal s'est d'ancrer leur son, puissance, émotion dans le nœud de leur bouillonnement sonique. Sinon ils deviennent aussi chiant que le post rock, pour ne pas dire soporifique.

Le combo Eyehategood inonde depuis leur début en 1992, une obscurité nihiliste à leur bayou sonique qui en live prend les contours instables d'un volcan en ébullition. Il n'y a donc pas d'ambivalence mais un son sourd, âpre et inépuisable venu du tréfonds Black Sabbathien. Et ses vieux de la vieille ont dû avaler une telle dose d'herbe que les gars sont encore dans les limbes de leur trip, mais ce qu'il faut retenir, c'est que y' a bon Eyehategood !


Comme tous les festivals, tout a été pensé et conçu dans un but lucratif afin de pérenniser le festival, et le métalleux est reconnu pour son dévouement sincère et fétichisme exacerbé, il trouvera son bonheur sous le dôme Extrême Market. J'y retrouve (un degré au dessus du nain c'est) Medhi le chanteur des excellents Tromatized Youth, lequel me file les dernières pépites en dates de son label Hardcoretrooperrecords, en guise de cadeau fraternel je lui refile un breuvage acre et du houblon frais. Je le pensais SxA, il ne l'est point, je retrouverais avec bonheur tout au long du week-end ce lutin du hardcore incompressible avec un excellent état d'esprit et un solide mal de tête le samedi dû ouvertement aux différents breuvages qu'il a ingurgité, pas du tout SxA.

J'étais impatient de voir Voivod.



Ahhhhh 'Tain m'en souvient comme de ma première branlette de ce groupe et surtout de leur album « Rrroooaaarrr » . Du Thrash métal canadien bien anguleux déjà pour l'époque car très technique, qui malheureusement pour lui est peut être arrivé au mauvais moment, pour une carrière en dent de scie dans l'ombre des big four of trash, et ponctué par la poisse du looser. Le concert en lui même était pas mal, même si cela a tourné un tantinet en rond, pas comme sur leur disque. Dommage, je suis mitigé par leur set, je conçois très bien qu'ils n'ont ni des riffs super tranchants, ni une rythmique qui bazarde autant qu'un escadron de B52 comme la plupart des groupes du fest. Disons que c'était plus subtil que d'hab et moins remuant.

J'ai toutefois pris mon pied à voir et entendre ce putain de groupe mythique et je conseille ardemment leur discographie entière. Par contre le bassiste Jason Newsted ( ancien bassiste de Metallica ) était absent, quid du jour





Au milieu de toutes ses nanas, mais par quel sein se vouer ? Surement avec celui de Saint Vitus dont le concert se termina dans une liquidation d'incandescence. Il me manqua juste une portion de LSD sonique pour que mon métabolisme rachidien se télescope avec leur doom stoner gras et bien profond. Quoiqu'il en soit je fûts ramener in-extrémiste à la raison, vers un rivage psychotrope avec des buvards d'acide de riffs comme la construction des morceaux de ce Saint groupe la conçoit: En s'enroulant autour de sa substance sonore jusqu'à son asphyxie. Le combo survit depuis les seventies avec une musique oppressive, tantrique et cette fracture musicale fait bien la nique à tous les hippies shake motherfucker du Jefferson Airplane qui se sont réveillés un matin de grisous, au pied de la musique disco la mine déconfite.


Dans le coin réservé à la presse et aux groupes, J'ai profité des quelques heures promotionnelles d'une décoction allemande d'alcool à 35 degrés à base exclusivement de plantes pour en faire profiter une joyeuse troupe de trasher portugais à l'extérieur de la zone VIP du fest, dont les aromates marocain embaumaient leur cigarette et leur regard d'une ivresse rendu incandescente quand se fût le tour du groupe de heavy métal :

W.A.S.P


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Yessssssssssssss Mister Blackie Lawless, 'tain incroyable de voir ce gars en chair et en os. Rappel des faits, on s'immerge dans le passé : J'ai l'age de la déraison, je suis encore puceau et dans ma tête il n'y a que le sourire et les formes venimeuses des filles. Le gang de Los Angeles arrive à point nommé avec une chanson édifiante pour moi : Animal fuck like a beast ! Frais, spontané, j'en ferais ma maxime pendant de nombreuses années...


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Ah Blackie, qui remplaça Thunders 2 fois avec les Dolls en 75, puis qui s'élança avec son premier groupe appelé Sister en 76 avec un certain Nikki Six, il y a comme un fil conducteur à ce vendredi qui s'électrocutera avec un fantastique set de WASP dans mon revival interne. Sa voix n'a rien perdu de son grain singulier, le gars a vieilli, forcément, mais il est incomparable.

Il est arrivé sans sa combinaison ornée de lames de scie circulaire et de sa fameuse coquille surmontée du même type d'appendice, il n'y a plus de barbaque, ni de sang a envoyé dans la fosse, le show est au minima, le groupe, lui débite son trip sanglant et licencieux avec des riffs heavy/glam. Plein de feeling, avec une forte amplitude de mid tempo avec alternance d'accélération du rythme ce qui n'a fait que produire des titres renversants et canoniques tel que « LOVE Machine », « Wild Child », « Blind In Texas » (énormissime ).

Puis un final majestueux avec « I wanna be someboby » je suis dedans à 350 %, il y avait même le groupe Down à côté qui s'irrita de la longueur du concert de WASP et commença son set, mais j'ai même pas entendu le bourdonnement de Phil Anselmo dans les enceintes. WASP est un très grand groupe, avec de très bon albums, mis de côté par la force des choses nouvelles, mais qui a prouvé sans ambages l'efficacité prégnante de leur heavy métal inusable jusqu'à la dernière goutte de sang.





M'a fallu un temps d'inadaptation frénétique pour redescendre, en fait le temps du set de Down, qui est passé comme un voile, je n'en ai rien retenu de particulier si ce n'est que j'avais l'ancien chanteur de Pantera (groupe que j'apprécie fortement) et qui défouraillait sauvagement devant moi un set tendu et efficace.

Puis voilà que voulez vous, Anthrax est arrivé et j'avais retrouvé l'usage de mes cinq sens, prêt pour le grand saut dans le trash metal 80's avec « indians », « I am the law », « Got the time », « caught in the mosh », « madhouse ». Le groupe est impartial tel un juge du trash!!!!On est en France, alors forcément « antisocial » sera la cover du soir, ce qui ajoutera une notable sympathie dans la fosse avec un gros refrain repris en chœur. Pareil qu'avec les précédents, j'hallucine en voyant Scott Ian devant ma pogne, arnachant des riffs de mammouth avec hargne et un crossover de fun au bout du manche, tout simplement la classe.


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Derrière il y a Benante qui réchauffe l'atmosphère de ses coups de butoir dans des rythmes exaltants, puis en face de moi, Bello qui azimute sa basse. Whaouuuu super set, efficace, rentre dedans, leur nouveau chanteur, quoique un peu jeune, ne démérite pas, faut dire que derrière il y a du lourd qui son passé dans ce combo: Le très regretté Belladonna puis le parfait John Bush, ce que finalement Dan Nelson symbolise d'une certaine façon avec sa voix. Mais peu de temps après, l'info est arrivé comme une poignée de gravier dans les yeux : Dan Nelson ne fait plus partie d'Anthrax et le groupe a annulé la totalité des dates européenne ainsi que sa tournée américaine et recherche activement un nouveau chanteur. Alors que depuis 6 ans on attends un nouvel album qui devait sortir sur le label Nuclear Blast le 23/10/2009 en Europe au titre de « Worship music ». C'est pas pour demain, unlucky!!!! A moins que John Bush fasse faux bon à Armored Saint mais les suppositions hasardeuses du mercato Anthraxien me file comme une envie de désespoir.

On arrive presque en fin de soirée avec Heaven & Hell.



On a souvent omis de dire que Ronnie James Dio est malgré lui, plus connu (dans l'hexagone) à cause d'une chanson utilisé dans un court-métrage d'animation comme interlude pour pallier les « difficultés techniques » d'Antenne 2 début 70's, avec le titre «  Love is all » qui fût crée par le bassiste de Deep Purple, Roger Glover sur l'album « Butterfly Ball ». Sinon Ronnie est juste le dernier grand chanteur de heavy métal de tous les temps, même de celui qui remonte du temps des dragons. Leur set fût magique sauf que ce fût plus lent que les groupes précédents. On a quand même sur scène pas moins que le Sabbath et tout ce que cela instaure comme symbolique alors évidement le magnétisme du groupe absorbe vite dans leur incantation démoniaque le cerveau reptilien de la plupart du public.

La messe sera dite avec « Bible Black » et « Fear » en guise d'assomption luciférienne. La magie opère à cœur ouvert, car dans cette transe heavy, une vaste torpeur s'abat sur le Hellfest comme une canicule venue du tréfonds des limbes. C'est bon, ok, on y est, léché par les flammes de l'enfer avec le sourire malin d'un grand petit homme et de son chant envoutant.

Moins évident cependant pour Motley Crüe qui fit un set passable. En fait, je n'attendais pas grand chose d'eux et j'ai été servi. Vince neil n'a jamais été pour moi un grand chanteur et avec le temps (et tout ce que cela suppose et induit en dépravation) sa voix aiguë et égrillarde ne s'est pas arrangée. Les solos de Marr sont mollassons, Nikki Six et Tommy Lee en font des caisses. Bref le Crüe ne brillent que par son passé et de par ses dérives, vivant de ses rentes comme tous les vieux amerloques.


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Ma journée a débuté à 3h00 du mat, j'ai pratiquement fait le tour de l'horloge, buona notte, j'suis mort-vivant.

De par le programme annoncé, le vendredi était pour moi la meilleure journée...Ouaip sur le papelard s'était annoncé comme tel mais samedi jour du sabbat, j'avais juste à mon réveil envie de bouffer le reste de pâte de porc que j'avais laissé à l'arrière de la voiture bronzer pendant une journée entière par les caresses d'un temps estival. Ce que je fis avec un mauvais feeling dans la gorge, mais vite car il fallait que je retrouve mon mojo. En bref, on se retrouve au petit matin à déblatérer des banalités de bienséance en attendant patiemment son tour pour les commodités de dépoussiérage habituelle. D'ailleurs si il existe un truc horrible au Hellfest c'est véritablement les chiottes. Malheur à celui qui devra poser son postérieur sur la cuvette, où sinon il vous faudra attendre la passage du gars qui nettoie et désinfecte le lieu avec toute la bonne humeur que son métier requiert. D'ailleurs il me lança un : « Putain c'est vraiment un boulot de merde » ; je cru besoin de lui répondre par un « Oui forcément »  lapidaire et définitif.


Il faut se dédouaner de 6 euros pour se doucher pour les 3 jours, en comptant qu'il faut bien attendre 2 heures pour commencer à entrevoir la possibilité de choper des mycoses pour celui qui a oublié de se munir de claquette aphrodisiaque. Pour les plus cramés, le choix est incisif: Pas de douche. Oui mais voilà, plus les journées passent et plus les gars suent en s'accrochant de la poussière sur la couenne comme une deuxième entité squameuse, ce qui provoquent des émanations olfactives solidement pestilentielles comparables à l'ensemble discographique de Status Quo, voire de Supertramp. Le problème des métalleux, c'est que la majorité ont des cheveux longs, donc shampoing puis démêlant, la conséquence logique pour une durée de 3 plombes aux douches, heureusement qu'il y a les coreux avec des cheveux pratiquement rasé, là c'est 3 mn, ce qui ramènerait à une juste proportion des choses mais je n'avais pas comptabiliser les filles, ok c'est mort.

Pour les balances avant le début des festivités, d'ordinaire on entend le très classique 1,2,3,4 de l'ingé son. Pas au Hellfest où c'est des Arrrrgggg!!! Qui doivent garantir une harmonie de réglage appropriée pour chaque Arrrrrrrrrrrrrrg annoncé, putain c'est vraiment du délire le truc là !!!

Du coup j'en retrouve mon mojo, cool ! D'emblée c'est Dagoba qui n'avait pas mis sa culotte à l'envers et cueille les festivaliers à froid, dans un circle pit démentiel pratiqué dans le sens inverse des aiguilles d'un montre.


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Tout simplement car à l'inverse du monde, le peuple du métal est en autosuffisance et remonte son courant comme la manifestation extatique de leur vénération pour leur tribu respective.

Le set des marseillais ira jusqu'à me défourailler une interrogation ambivalente: Qu'est-ce qui peut passer par la tête de quelqu'un qui headbangding pendant le set de Dagoba ?

Réponse : Sa colonne vertébrale.  



Mad sin fût la bulle d'O2 du samedi. Il y a beaucoup d'entrain dans leur muzak, très appuyé par le rythme de métronome de la contrebasse.La touche rock'n'roll/psychobilly avec son lot de cartoon/horror movie. Tout un délire visuel et sonore. Ils font même une reprise psycho d' « I shot the sheriff » histoire de tirer sur le spliff monumental de leur couillardise rock'n'rollienne.

Bonne humeur, bon esprit, un rien bancal, un rien foutraque, pile dans la décompression des zygomatiques, tout simplement parfait. Ils ont sans aucun doute possible fouetter la banane des Cats les plus wild du week-end et ingurgiter un évident capital sympathie avec leur rock'n'roll par l'ensemble du public.

Je distingue que certains de mes congénères hellfesteurs/euses ont des cicatrices dû à des entailles au bras. Manifestement certains pratiquent l'automutilation, ce qui ne manquera nullement à tous les possédées de la chrétienté de fournir un point de plus à leur objection et de globaliser à outrance le même délire d'effroi dans des reportages TV. Car selon les préceptes freudien les gens du métal sont en souffrance. Mais quelle connerie que de distinguer comme la grande majorité dans ce mouvement une manifestation psychotique et autiste, le Hellfest est heureusement là pour réaffirmer sans cesse l'existence, l'émergence de cette scène aux multiples facettes, dans une très belle communion de freaks et de déconne en tout genre sans aucun bad trip. Le 666 ème degré du métal est très peu apprécié des bigots en général, ils s'offusquent de tout et surtout ils n'entendent et voient que ce qu'ils veulent bien percevoir et discerner tout simplement. Ils omettent de parler des trop nombreux monuments à l'effigie d'un Jésus agonisant à la vue de tous avec des clous enfoncés dans les mains et dans les pieds.

Puis et de toute façon : "Les concerts de rock s'opposent au culte chrétien". Benoit XVI


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Terror produira un HxC brut et sans concession, pas de fractionnés pour ce groupe, juste une façon brutale et animale d'enfoncer leur musique jusqu'à la lie. Terror est au bout de la chaine alimentaire du HxC. Le groupe remporte assez vite l'adhésion du public, il y a beaucoup de personnes autour de la scène (comme à chaque set de groupe de HxC), le chapiteau est gavé, il fait pas loin de 40 degrés dans cette turne et on se demande comment le truc n'a pas fini par céder par autant de mouvement. Ça envoie sa race Terror, et ça c'est évidence qui vous saute à la gueule, où dans les couilles...



J'ai vu un truc très chelou, ça s'appelle Moosorrow c'est I Muvrini version métOl scandinave. Franchement pas du tout, mais alors pas du tout mon trip, c'est mou, lent, je n'ai pas du tout accroché d'ailleurs j'ai fuis c'est dire. Puis je tombe sur Clutch. Aaahhhhhhhhhhh enfin du groove (ce que n'a pas Motley Crüe). Des gibsons érectiles avec des riffs heavy, un rien de Mother Superior qui m'a complètement agrippé Leur set est carré, sans esbroufe, je ne connaissais pas et se fût une belle découverte. Mais sur disque ça part un peu dans tous les coins, j'ai plus apprécié leur live en fait.

La marque de respect pour une légende me déporte de ma ligne de front pour des Misfits vaseux. Ils ne sont même pas en place, c'est pas pitoyable, juste grotesque. De toute façon depuis le départ de l'immense Glenn Danzig, ce groupe n'est plus que l'ombre de lui même, advienne que pourra, même si cela fait toujours quelque chose, comme un picotement à voir les Misfits en live.

Pour le spectacle de provocation, le chanteur de Kickback mérite la palme.

Hey mec :


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Crachat sur le public juste avant de commencer, histoire de chauffer la salle. Puis des paroles sans détour : « On va vous la mettre profond encore une fois » qui laisseront de marbre tout de même la moitié d'un public dubitatif, l'autre étant pris dans une fosse à bestiaux débordant de testostérone à se remuer le gras pour un HxC expéditif avec les crocs d'un bulldogs.

Choquant, dérangeant avec la bile aigre d'un malaise, Kickback a toujours soufflé sur ses braises, ce groupe n'est là que pour donner des coups, ce qui s'en inquiète devrait plutôt s'entrainer à devenir plus dur que leur musique. Mais pourquoi est il si méchant (le chanteur de Kickback) ? Je ne sais pas, c'est sa façon d'exister en fait !




La hellfest girl possède de gros mollet à cause du poids monumental des bottes qu'elle utilise, nann j'déconne. Elles sont extrêmement fétichistes, on se croirait presque dans un salon de SM. Des petits culs à la pelle se trimballent devant une horde de mâles en effervescence, mais ma conscience (qui me rappelle à l'image de ma tendre épouse) me remémore qu'il y a la fesse droite qui dit à la fesse gauche que ça pue dans le couloir ! Elles ont des looks incroyables que j'ai croisé tout au long du week-end, et elles passent en revue la ménagerie du métal, heavy, Hard Rock, HxC, Punk Rock, SuicideGirls....



Betrayed est un groupe qui possède du répondant avec une espèce de crossover à base de HxC et est compressé par des riffs de métal, du moins en live. Le chanteur saute partout et a parfois des carences à suivre le rythme que le groupe impose, son chant est limite. Issue de cet hardcore old school agressif avec une attitude positive et un straight edge de circonstance, en somme à l'inverse de la bad attitude de Kickback, ils délivreront un set carré et concis, comme une bourrasque.

Ah oui, j'ai oublié de vous mentionner, le samedi c'était HxC, ouchhhhhhhhhhh!!!!



On passe directement à la légende Cro-Mags et à John Joseph son chanteur puncheur. Petit pas incessant de boxeur, des démangeaisons lui parcours l'échine, on a l'impression que le mec est sous cocaïne (impossible évidement pour un gars qui est straight edge à donf) . J'aperçois Medhi (chanteur des Tromatized Youth) sur le côté de la scène en transe, vociférant les paroles, et ce n'est pas le seul car tout le monde est à bloc. Une très bonne prestation malgré un problème récurrent de micro, leur HxC à de l'envergure, une aura que le public réclamera ardemment comme un dû à sa dépense physique qui deviendra vite une dépendance d'adrénaline. Nous avons eu droit à l'intervention de Bessac (le chanteur de Kickback) qui est venu foutre de l'embrouille là où il n'y en avait certainement pas, mais bon on l'a vu. Cro-Mags avait les crocs et n'a pas lâché la pression, ni le corps à corps avec son public.

LE concert de tout le fest c'était sans commune mesure SACRED REICH.



ÉnOOOOOOrme et je dis pas cela pour le changement de morphologie de Phil Rind le bassiste/ chanteur, mais pour leur prestation. Le gars était super heureux d'être là, un sourire très communicatif qui renvoyait des océans de satisfactions pour un trash métal qui n'a rien perdu de sa sève crossover. J'ai un quadra derrière moi à fond de cale, qui n'arrête pas de chanter et de gueuler comme un coin. C'était peut être bien le groupe qui réunissait toutes les attentes musicales des festivaliers.

Phil balance sa voix charismatique aussi lourde que les riffs percutant de Wiley, à noter que sur quelque titres Dave McClain de Machine Head a remplacé Greg Hall le batteur. Dave McClain a fait partie de Sacred Reich de 1991 à 1993. Puis avec des titres comme « War Pigs » fantastique cover du Sabbath, « Death Squad » et un « Surf Nicaragua » pour final, il n'y avait rien à redire si ce n'est un whaouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhh de béatitude unanime.


J'ai pas vu Killing Joke du coup, et j'ai juste aperçu l'autre grande saucisse de Marilyn Manson faire crépiter son vomi dans un show tenant plus du ridicule d'un démantèlement de sous-plafond d'amiante gothique en version petit théâtre de boulevard. Si vous ne comprenez rien à cette phrase, c'est normal car j'ai rien compris au show de ce gars.

Dimanche, je n'ai pas trouvé que la forêt de Brocéliande d'ADX avait pris de l'envergure.

Bon je n'ai jamais adhéré, c'est un fait, désolé il y a un truc qui passe pas au niveau de mon audition pour le hard frenchies. Un mythe du hard rock passe et trou le fond du gouffre du métal hexagonal, je dis cela par rapport à Gojira, qui ne cesse de prendre de l'envergure, d'ailleurs ils vont faire l'ouverture de la tournée de Metallica aux states : Consécration.

Aaaaah, je ne sais pas si c'est l'effet du vent mais cette fois-ci je les ai entendu ces putains de baleines. Ouaip parce que les gaziers de Gojira ils font du death, trash metal avec des textes aux embruns écolos, limite new age. Ben tiens comme on parle écolo, au fait, est ce que la percé des verts au dernière élection européenne à définitivement accréditée l'extinction du Brice Lalonde ? Faut aussi dire que si dans les urnes, l'Europe ne brille pas, au Hellfest il y a une très belle osmose qui vient des quatre coins du vieux continent: Le métal est fédérateur.

Le dimanche c'est du lourd, baby, du mammouth qui laisse des traces. Après 3 jours, le doom fait finalement le même effet que la fatigue. Une torpeur lourde qui ankylose dans un trip gorgé de basse profonde, de riff lourd.


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Ufomammut joue du Black Sabbath sous acide à la vitesse d'une limace. Guitare fender jazzmaster pour irradier l'inconscience d'un mur de fuzzzzzzzzz réfléchissant, fascinant, Doom, doom doom, tu es hypnotisé, doom, doom, doom tu ne te réveillera jamais...


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Mais si, bien sûr, vous en doutiez ? Car Destruction a pété la gueule du marchand de sable et l'a même utilisé dans son ciment, ces anglais veillent au grain de leur rafale, leur trash métal possède suffisamment de boucle rythmique et de riff, qui, si l'on dresse l'oreille ressemble à s'y méprendre à un truc tribal, merde ces gars on bouffé du Max Cavalera et du Kerry King ! Gros bourrage de poussière par contre le dimanche où la terre battue à mort à eu le temps de sécher et se réveille en micro particules directement ingurgitées dans les voies respiratoires: « guf, guf » remplacera les « arrrrrrg » du vendredi.

Je les attendais sur le grill, ils sont arrivés fun rock, et repartis cool punk, c'était Volbeat.

Franchement, un super set, avec tout le charme de leur punk rock'n'roll, le guitariste était à bloc, puis le chant de Michael Poulsen est véritablement une arme de destruction massive, la grande classe. J'ai pris mon pied, c'était comme je l'avais imaginé, simple, direct, cool et fun à la fois, bref c'était parfait mais trop court. Une musique aussi lourde qu'un bourdonnement de B52 qui plaque au sol pour contrebalancer avec un chant tellurique et aérien. Le public a apprécié à sa juste valeur toutes les qualités musicales de ce groupe incroyablement crossover.

En sirotant un liquide sucré pour désaltérer mon gosier qui piochait depuis pas mal de temps déjà dans sa réserve, je rencontre un gars talentueux en culotte courte du fanzine Abus Dangereux, dont la présence dans le fanzina est devenue matière à culte. Mais je constaterais que le Gwardeath est plus prolixe en mots couchés sur papier qu'en bouche, salutations distinguées Monsieur !





Plus proche de l'esprit des Hells Angels avec des gros riff stoner basique, le set d'Orange Goblin, aura le chopper en érection, car avec ce groupe c’est se retrouver en bande pour une bringue d' impulsion tellurique. Une démonstration de puissance en bonne et dû forme et une figure de style libertaire, loin du bordel ambiant. Le groupe était présent sur le fest dès le vendredi, ils ont squatté, écumé le bar du VIP le reste de leur journée sans jamais débander. Ils ne se lanceront pas dans leur concert à la recherche d'un truc particulier. On y va pour se démonter la tête et se donner du bon temps tous ensemble.

Nous formons in fine un club, le genre de ce club en fait :

« Si j’ai appris quoi que ce soit en 40 ans dans le club, c’est que la liberté, ce n’est pas bon marché (...) Je sais que j’ai payé un prix terrible pour ma liberté. J’ai appris à la dure que comprendre mon cœur, c’est comprendre les démons qui se cachent à l’intérieur. En tant que guerrier, vous devez connaître la douleur et la tristesse, en même temps que la joie et la solitude... Et les Anges seront des Rois ! ». extrait du livre « Hell’s Angels » de Sonny Barger.


Napalm Death revisitera sa discographie avec l'adhésion du public pour un grind-core à la déconne fort sensible. Il fallait avoir un sacré groin pour ne pas se péter la nuque à force de se remuer le cortex. Le final est apocalyptique, c'est « Nazi Punks Fuck Off » des Dead Kennedys.



On entend presque le keupon hurler Oï oï dans la voie lactée de cet angélisme post hardecore période Dead Kennedy's, où pour les plus franchouillard d'entre vous époque bérus avec notre « porcherie » nationale, même si depuis quelque temps il faut reconnaître que la couleur de la peau à une forte incidence sur l'abracadabrantesque courtoisie policière hexagonale.

Cathedral est l 'ancêtre du doom, il avait fait fort d'ériger son cloître grandiose car ce fils prodigue de Black Sabbath/ Hawkind me prenait (métaphoriquement parlant) par la main afin que je sois bercé par les vapeurs salines de leur doom-psyché.

Ainsi je vis en ce précurseur sur les monts du Walhalla, la Cathédral bénédictine du tréfonds visqueux des abysses lucifériennes.



La théorie de l'ennui, propre comme au figuré du rock progressif fût atteinte par Queensryche, ainsi que par Epica dans un style de musique que je ne saisis pas encore le devenir et Dragon Force (le cousin de dragon ball) qui chercha des embryons de Dio mais ne trouvera que des Pretty Maids et encore à l'état gazeux. Europe s'en tire grâce à leur frontman Joey Tempest. Mais j'ai pris un coup de vieux comme on fracasse la colonne vertébrale d'un lapin contre le coin d'une table car j'étais en 4 ème quand est sortit « The Final Countdown », et finalement se souvenir est revenu résonner comme un appendice trépassé sur lequel on avait même oublié qu'il exista. Un moment de délire pour la plupart car jamais ce groupe ne fut pris au sérieux, du second degré mais qui fit les honneurs radieux d'une salve d'applaudissement nourris.




Les Suicidal Tendencies ont fait un set quasi parfait, bien amer dans leur groove et rentre dedans avec un flow ébranlant une marée humaine d'headbanger qui finira sur scène comme l'apothéose logique de cette synergie de HxC/crossover, à l'unisson de la loyauté de tous les métalleux du fest. Venice beach fût dans la place et le souk produit fût à l'unisson du crossover des Suicidal.




Le trip cosmique est arrivé avec les Electric Wizard et leur doom puissant, véritable vivier transcendantal dont les manifestations musicales auront sur l'ensemble de la Terrorizer Tent une forte teneur hypnotique.


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C'est une indolence qui s'est abattue dans un son sourd et oppressant, suffocant de riffs engourdis, de rythme léthargique ramenant à elle une altération anesthésique. C'est une musique évasive sortie des limbes pour une transe de doom mouvant, remplie d'hallucination. Je n'en sortirais pas indemne, et je ne fûts pas le seul, bien au contraire, une nimbée de zombies erra dans tout le fest, avide d'un nouveau trip interstellaire.

Je croiserais un gars en sortant qui me toisa comme on recherche dans la lecture du craquement du coup d'un gallinacé une réponse à ses interrogations futures, et me déclara : «  Dark Vador est venu sur Terre de la planète Vulcain et il m'a dit que si je n'invitais pas Lorraine, il ferait fondre ma cervelle ! » Ouchh, ok, tu sors du jeu toi.



Puis Hatebreed a mis fin au bourdonnement et me réveilla de cet engourdissement avec un HxC surpuissant unificateur. Qui ralliera de nombreux gars en forte demande pour décharger leur testostérone. Le truc est sympa, ils envoient de la poutre métallique par dessus la rambarde mais j'accroche pas des masses, disons que je suis de l'ancienne génération, style Body Count.

Le rêve américain de Manowar c'est le cauchemar indien d'Anthrax.



La limite légale du niveau sonore pour le public en France est de 105 db, Manowar s'en tape la carlingue, ils sont LA tête d'affiche et sont finalement passés pour des têtes de veaux à la vinaigrette. D'ailleurs dès les premiers morceaux il y a un paquet de people qui est parti se coucher, sentant que la fresque de Manowar n'était qu'une frasque heavy menthe à l'eau avec tout de même un feux d'artifices grandiose en fin de concert. Bon si tu regardes cela avec une pointe d'humour alors leur show apparaît Spinal Tap totalement délire, et au final je crois que c'est ce qu'ils cherchaient, et ce qu'ils cherchent tout simplement. Le set de Manowar pourrait se résumer à cette citation: « J'appelle deux experts complètement défoncés au crack qui vont travailler nos deux copains avec une paire de pinces, un chalumeau et un fer à souder. Est ce que tu m'a entendu espèce de porc ? Je suis très loin d'en avoir fini avec toi, je vais te la jouer à la flamme bien moyenâgeuse. » dixit Marsellus dans Pulp Fiction.

Tu vois le trip, ces mecs exagèrent leur côté théâtral jusqu'à la couenne et amplifient jusqu'à en faire une baudruche immonde et violente/dangereuse (le son).



J'ai raté Dan Lilker et erik Burke (Nuclear Assault) de Brutal Truth, si, sérieux, quel con, je sais c'est pas la peine de remuer le couteau dans la plaie de mon étourderie inacceptable. Complètement oublié, pris dans l'avalanche de décibels de la forteresse des derniers chevaliers de Don Quichotte et cela a fini par tomber sur moi comme un coup de massue, carrément marteau le truc.


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Sous la tente Circus, il y avait des spectacles, mais je ne m'en suis pas trop soucié, par éthique j'ai très vite aperçu un truc de SM/cordage, pas du tout mon trip, du catch (ICWA) plutôt fun à voir, un effeuillage de filles assez cool intitulé le Burlesque boulevard ,

Pas vu le spectacle des FuelGirls mais faut dire qu'elles aguichaient leurs formes en vous narguant sous le pif dans le coin VIP.


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Puis près de la première Mainstage, le Ball of steel des mecs qui font de la moto dans une boule en fer très petite, de grand malade.

Peu de temps après le Hellfest, Bambi est mort dans les fougères, le monde pleure sur la perte d'un de leur souvenir juvénile, moi j'ai réussit à souligner au marqueur un bout de mon adolescence avec des gens vivants, tout une différence.


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« Ce qui nous immole nous immortalise » Denys Gagnon