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Sans prétendre détenir les capacités visionnaires d’un Gilbert Montagné, je peux néanmoins annoncer que le meilleur album de pop punk américain en 2018 sera français.

Ouaie carrément, et vous pouvez gesticuler comme un poulet élevé en plein air avec les coudes repliés contre les côtes flottantes tout en effectuant un mouvement de bas en haut à coup de cocoricocoboy, mais c’est Lame Shot qui remporte le sac de grain.

Depuis « Nice Try », croustillant premier album caractéristique d’un potentiel punky, on n’avait plus eu de nouvelle de ce groupe récréatif, composé avec le cul dans la Garonne et la tête infusée dans une party de beer pong. Puis le temps passa et une révélation ? Une évolution ? Que sais-je....Enfin il y a eu une détonation qui a apportée cet exécutoire divinatoire permettant de sortir du comptoir des compositions laissées sous tiroir.

Toujours sous licence pop punk, Lame Shot revient avec le sens de la maturité mélodique qui survient quand on a passé plus de temps à sucer de la réglisse devant un concert de The Bottlerocket plutôt que des fraises devant Tagada Jones.

Lame Shot pratique le pop punk avec l'insouciance juvénile de son enthousiasme, de son honnêteté émotive, et le graal de ce style musical est divertissant tant il distille dans son ivresse les maux doux que l’on peine à traduire quand on a la tête prise dans l’effervescence.

Les mélodies sont jouissives, fraîches, irrésolues au pessimisme, et tout le temps la fulgurance de leur énergie sucrée apporte une inépuisable félicité de bonheur, dont on ne peut jamais en faire baisser l’intensité, si ce n’est à force d’écoute abusive pour laquelle on régurgite du sirop de pop punk par les cages à miel.

Maintenant il ne fait nul doute que le visuel sportif de leur pochette soit une franchise à part entière, et déjà on suppute dans les milieux autorisés que le curling, où la pétanque, et peut-être même la nage synchronisée symbolisera le choix figuratif potentiel du prochain opus...déjà tant attendu (avec un titre aussi lapidaire que les précédents).

Avec cet opus le groupe Toulousain a lancé sa pépite ascensionnelle en remplissant tout le cahier des charges normatives au pop punk. Là où pâle copie s’enlise dans la répétition, Lame Shot impulse sa capacité évocatoire avec la spontanéité tourbillonnante de point omettre le reflet de leur agitation légitime.

Le résultat est une sucrerie de pop-gum chiadée au possible. Ça claque dans tous les sens, c’est du catchy pur-jus ultra-vitaminé. Pas un titre de remplissage, pas une anicroche, tout glisse avec suavité, fini la crise de la puberté, ouaie comme au flipper après une extra-ball « Try Again ».


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