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Le bruit de fond que Harm's Way est parvenu à inoculer dans la lourdeur de son irrépressible HxC metål-indüs lors de ses albums antérieurs est désormais magnifier dans l'incandescent « Posthuman ».

Mais revenons d'abord au hardcore, style musical intransigeant, au point d'avoir affilié une cohorte de sous-genre et d'épineuse remise en question sociétale, alimentaire, et plus si votre loyauté est assez assujettie au gourou faisant office d'éveilleur de conscience. Depuis les 80's il a fallu avoir l'estomac d'aplomb pour digérer tout le panel exhaustif qui définit le HxC et le redéfinit sans cesse jusqu’à sa parodie. Pourtant l'intégrité incorruptible y règne avec droiture tant dans la posture que dans l'attitude. Ce qui fait foi et acte c'est les lyrics, la musique est l'énergie qui va canaliser l'ensemble, transporter l'énergie à tous les chakras-core disponibles.

Le hardcore a toujours eu un besoin irrépressible de leader, de type au charisme de sergent instructeur, de groupe ayant une influence primordiale au point de muter une vie vers la loyauté HxC.

Sans atteindre encore l'excellence, l'ascension mesurée d'Harm's Way est fulgurante et lui confère un taux suffisamment élevé  «d’alphaness»  pour parfaire sa domination.

Harm's Way a pris le poids fondamental pour ne plus être un rookie, il sait où il va, il a des valeurs solides, il connaît ses limites, sa force, et depuis il la renforce, il l'utilise à bon escient car il sait se dominer lui-même. Il met autant que possible sa personnalité en avant et ne fera pas le moindre effort pour paraître ce qu’il n’est pas. Il a compris qui il était depuis longtemps, et il a appris à tirer avantage de sa personnalité, ainsi il ne fait jamais semblant. Il possède cette aptitude à remodeler sans cesse sa musique, même si il a un sens du beatdown et des breakdowns conforment à la légion contemporaine.

D'ailleurs on en entend encore ce genre de structure leste à proprement dite sur ce disque, mais la lourdeur est différente, moins claustrophobe que leur antérieur opus « Rust », même si les chicagoans réitèrent les tournures électroniques du précédent opus, la variété structurelle abonde d'une évolution, d'une méthodologie pleine de rigueur brutale, aussi pessimiste dans la férocité guerrière 2.0 de sa guérilla froide.

Chaque titre épouse son contraste dans une sinuosité qui pousse à l'exaltation, augmente l'abrasion afin de bâtir un mur du son brut de décoffrage. À coup de hache raw il sculpte avec la flamme de sa radicalité chaque composition en une compression inaugurale de noirceur, emplissant l'espace sonique de toute son extension.

Posthuman n'est pas clivant, il cible comme un véritable réceptacle vers le transhumanisme HxC le plus explosif.


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