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En 2018 le monde du rock cherche toujours son phénomène qui deviendra LE groupe satellitaire, essayant de renifler en clébard d'infortune de vieux bluesmen ce qui pourrait potentiellement devenir dans le lot de groupe de jeunes plein de promesses, ces relents de saveur ancienne. Le rock critique a vendu son âme au diable de la pudibonderie commerciale, les grandes firmes du secteur musical sont désaffectées et ont migré en star-up vers l’égide future digitale. Pourtant les fans du vieux hard-rock bluesy, seuls consommateurs de l'objet fétiche réel légitiment une attente pour s'hérisser les poils du pubis, alors des vieux chercheurs d'or scrutent tous les rades de la planète pour trouver la pépite, y lassant leur vie par désinvolture superbe en agonisant soir après soir dans la vapoteuse fumerolle d'un rock approprié à la norme.

Puis un matin se levant du pied gauche après une sévère gueule de bois en mettant la main droite dans le cendrier plein de mégot, un de ces chercheurs de l'ombre tombe via la croisée du net sur un titre comme il s'en faisait naguère quand le rock était droit et dur comme une bite en érection.

Formé en 2012 au fin fond des États-Unis, Greta Van Fleet est une affaire de famille (Josh au chant, Sam à la basse et le dernier des Kiszka, Jake, à la guitare). Biberonné au rock des ancêtres comme on gave une oie de maïs pour nourrir son foie, le groupe a foi dans les reliques soniques, c'est sa culture, son cheminement, la diablerie de son carrefour idéologique. Alors le grain vocal de Josh gonfle le Zeppelin de Robert Plant dans le Söul-heavy, leur sens du riffing heavy rock à la coOol produit cet arc électrique qui fout la trique, jugulé à ce sens affûté du timing rythmique et le groupe passe le stade anal à croupir dans un bar à celui de soulever les foules.

«  From The Fires » est un album constituant leur carte de visite, pour la cause il réunit l'E.P Black Smoke Rising et quatre titres inédits. Dans le lot on distingue à s'en péter les oreilles un Edge Of Darkness incandescent de groove, le Zeppelinesque Guns&Roses titre Highway Tune qui se passe de tout commentaire, comme « A Change Is Gonna Come'' cover de Sam Cooke, transcendé par l'immense Otis Redding qui produit son petit effet sympathique. Les plus ironiques diront que ces jeunes manquent de maturité et que c'est typique du registre générique une fois la surprise passée.

Sans crier au génie, cet opus concernera tous les fans mal sevrés de cet illustre rock depuis l’inclusion émergente du rap, de la pop pop a jam contemporain, sachez qu'il n'y a aucun plagiat, Greta Van Fleet est la version et masculine de 4 Non Blondes meet led Zep aka Lynyrd Skynyrd.

C'est peut-être un énième retour vers le futur de plus...Cela reste toujours un trip.


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