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J’ai eu un mal fou à intégrer Gojira dans ma vie.

Certainement dû à la simple évidence d’expurger l’apparition de cette nouvelle génération génératrice d’innovation, et qui tuait l’ancienne.

J’ai eu un mal fou à intégrer Gojira dans ma vie, à me laisser séduire par son métAl, par sa soif légitime d’hybridation et de nouveauté musicale. Avec les oreilles en feux, prisent dans la déflagration sonique que je m’étais instruite, je n’avais de yeux que pour les anciens. J’étais trop enclin à satisfaire le culte de ce passé, là où les fondamentaux fondent l’édifice, jusqu’à ne sublimer uniquement cela, à tort bien évidement.

Il m’a fallu de temps pour apprécier la masse tellurique imposante de leurs riffs « Helmetique », l’artillerie en béton brut de la musique industrielle, leur alliage métAl pour les nouvelles générations. Il y a dans Gojira une force naturelle qui ne fait pas écho à la force dite « satanique » dont on nous a montrée jadis la face obscure et théâtrale dans le métOl spectacle.

Gojira est dans une dimension poétique, brute, et puissante. Il n’y a rien de punk, ni de heavy chez lui, c’est un instantanée de pureté solide. Sa musique se lie dans le chaos de l’univers avec l’insistance de dérober en vous une éblouissante grandeur, surtout quand elle parvient à vous détacher du sol. Je veux dire par là, que Gojira vous fait entendre la musique métAl sous un nouveau jour quand on parvient à s’extraire de son passé, quand on en consent la légitimité existentielle. On s’arrache du sol, parce que le sol se dérobe, parce que l’on n’est plus au ras des ténèbres, mais en flottaison, en orbite, au-delà de la saturation. On intègre la fission métallique qui vous plaque en même temps qu’une aqueuse apesanteur, et c’est à ce moment-là que l’émotion suscitée par leur musique, donne ses fréquences soniques que lui seul est à même d’en délivrer le plein impact.

Avec le temps j’ai dénoué le lien épineux vers une sérénité d’absorption avec Gojira, pleinement conscient que leur musique aussi nouvelle dans sa légitimité, pouvait résonner en moi comme une libération. L’on en retrouve l’imprégnation en live, car sur scène Gojira est ce monstre goulu qui vous dévore tout entier. Aussi hype qu’il peut apparaître en étant ce fer de lance hexagonal, Gojira transparaît pourtant avec la grandeur et l’humilité de son ambition : Différent.

Le « Magma » de Gojira est l’aboutissement depuis toutes ces années à souder son univers avec la pierre angulaire de son édifice, tout en étant souverain de son hybridation sonique. Il apparaît ainsi indestructible, certain de sa masse, prêt à tout dévaster sur son passage par la somme d’un hybridisme turgescent.

Immaculé de sa différence et sombre par son volume sonore, « Magma » est et sera.....La clef de voûte de l'oeuvre de Gojira.