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Last Friday night

Yeah I think we broke the law

Always say we're gonna stop-op

Whoa-oh

This Friday night

Do it all again

Si,si, on peut très bien citer Katy Perry pour implanter une introduction croustilleuse dans un report de punk rock.

Donc on m'a conseillé de multiple fois de faire court. En bref, je vais essayer.

Quand tu assistes à une soirée underground, en premier lieu, tu soutiens le cafetier avec une commande, il offre le cadre, l'enceinte où aura lieu l'épicentre émotif, à bien y réfléchir ce n'est pas rien.

Yep, un thé pour ma part en attendant Junk cacahuète et Vince Musclor, mes comparses de la section vidéo-game du WBZ.

Nous sommes à Castres il est 20h30 ce 21/12/2018, au café Jean Jaurès, j'avais pas foutu les pieds dedans depuis 1988. J'étais au collège juste en face et qui se nomme...Jean Jaurès. Vlan, dans le mille Émile, bennnnnnn non, Jean-Jaurès.

A l'extérieur les tumeurs les plus folles circulent dans l'air pendant que les fumeurs s'époumonent de leur sucette cancéreuse. C'est moi où il fait froid ? A l'intérieur la mixité sociale se juxtapose au préparatif de la soirée proposée par La Lune Derrière LES Granges. L’occasion de poser quelques questions à Olivier, le président du comité directoire de cette œuvre de bienfaisance culturelle du sud Tarnais.


Le café est tout en longueur, il offre plusieurs ambiances, ainsi, après le comptoir et sa faune guillerette, il y a un espace cosy avec canapé et une bibliothèque remplie de livres à emprunter. Ça pose d'emblée la compréhension de partager dans un même lieu la richesse que l'on pressent dans la diversité de la vie. C'est appréciable.

Plus loin encore, carrément au fond, un espace insoupçonné jusqu'à lors, dont la dimension est absolument parfaite pour des concerts underground. C'est la première surprise et de taille. Les groupes ont un espace nécessaire pour évoluer, le public n'est pas en reste. C'est la première soirée pour la Lune avec les nouveaux propriétaires du lieu, je ne cache pas que l'endroit est vraiment cool et que j'espère qu'il y en aura d'autres. Pendant le siècle dernier c'était une cache pour jouer de carte et d'argent.

Deuxième engagement, lui aussi d'importance, c'est le soutien aux groupes. Généralement je prends toujours un disque, c'est le minimum, surtout quand j'ai kiffé le set. Puis il y a toujours un bac de distro bien achalandé, tu papotes avec les groupes, tu crées du lien, tu fais passer ton énergie, tout le monde croise ses effluves et la magie de la vie ouvre ses pétales dans laquelle tu vas butiner allègrement...Ok, on a chié Saint-Petersbourgh parce que nous étions à l'extérieur a réalisé des ITW.

Le trio Toulousain a brisé l'épaisseur de glace extérieure moscovite avec un stoner funky, rossant la vénusté plastique de leurs mélodies chaudes. Sans pouvoir d'ubiquité ce sera pour une prochaine fois pour funker avec eux...

Pendant ce temps de cerveau disponible on a papoté dans le froid avec Gim le président de l'asso Albigeoise Pollux, chef opérateur dans le meilleur festival sudiste l'XTREMEFEST, et chanteur à cheville foulée avec Hypocondriax, il a répondu avec la coolitude qu'on lui connaît à l'actualité sonnante et trébuchante passé et à venir de la pléthore des activités énumérées plus haut.



L'abréviation SS ne correspond pas du tout à la patine mélodique de Skull Soda, groupe Toulousain du Gers (tchin 2 points), car le band appose une saccharose musicale assez peu compatible avec l'essor du troisième reich.

Sa décoction musicale est issue d'une douceur enflammée, à l'intime conviction de faire flotter dans les embruns sensibles la beauté du power rock le plus intense, et avec la fluidité du pop punk.




L’équipé épique du WBZ est saisi par le rendu en live. Le groupe est en place, le chant hyper calibré offre une harmonie de couleur vivifiante. C'est très certainement ce qu'il nous a le plus séduit. Le punk mélo sur disque c'est cool mais en concert c'est assez casse-gueule si tu n'es pas en place, et cela peut très vite engendrer un malaise à entendre. Ce qui est à trois années lumière du cas de Skull Soda. C'était chaleureux, frais et la bonne énergie du groupe a vite apporté cette chaleur au corps que l'esprit savoure dans son ivresse des cimes émotionnelles.

Je me suis régalé, Big Gim de Hypocondriax a eu raison de faire monter le son de la basse au début, puisque après ce conseil, Skull Soda avait cette rondeur adéquate au charme qu'il a diffusé, et même transplanté dans les cœurs ardents d'un public conquis. Deux E.P a leur actif seulement (pour le moment) mais chaudement recommandable, checker leur page bandcamp, leur dernier Sleep Hunt Through The Mirror est uniquement numérique, du coup le band a confectionné des petites cartes de leur artwork pour munir leur merch hyper cool.

Pas mal d'atmosphères dans leurs compositions, cela amène de la profondeur de champ, un mood délicat avec cette empreinte sensible que l'on rencontre entre Saves The Day et Trash Boat. J'espère revoir ce groupe le plus rapidement possible, ça fait chaud au cœur d'entendre et voir que l'underground sait encore illuminer ce genre de pépite.

Fabule, leur bassiste et accessoirement maître chanteur dans Ben & Fist a plaisanté avec nous après le set sur les potentielles expressions qui sied à la ville du soir, dont un dantesque Castres toi tu pues et marches à l'ombre.


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Raincheck c'est le cri du Lyon avec le froc au cheville. Sa décontraction punk'n'rollesque est tout aussi tapageuse que son hardcore est enragé. J'avais annoncé que leur set allait chier du feu et effectivement il y eu retour de flamme. Le groupe était même fourbu par sa robustesse touffe sonique. Le chanteur a fait le zazou en secouant les puces de Zeke dont il portait le t-shirt, avec la nonchalance animée d'un épileptique. Il n'y avait pas de filtre. Le groupe avait deux dates pour ce week, c'était sans prise de tête, ils ont tous un taf à côté et le groupe est un exutoire.

En fait tu peux sortir un Ep en 2016 avec cet espoir que la force soit avec toi, sans te douter une seconde que la vie va venir te biaiser son imposition d'obligation, où tu te vois obéir sans scrupule au desiderata pour torcher, boulonner un professionnalisme dont ton adolescence rebelle avait bien mentionné un refus catégorique à ce genre d'avenir. Ce week-end est une occasion de jouir sans entrave pendant cette journée internationale de l'orgasme pour libérer la jute sonique, et c'est ce que Raincheck a accompli. Un feu de joie furibard s'est répandu dans l'enceinte du café Jean-Jaurès, le groupe appuyant sur le starter et l’accélérateur les deux pieds tendus.

Un set bordélique et fantasque a propulsé cette agitation que le punk HxC offre comme acclimatation quand ta respiration s'accélère et ressent le souffle vital de ta passion prendre feu dans ses racines. Les deux gratteux nous ont offert des poses de heavy rock dantesques et des riffs capiteux, le batteur a tapé plus lourdement que ce qu'il faisait jadis dans Leptik Ficus. Est-il nécessaire de mentionner que leur nouveau bassiste portait un shirt de Freddy Mercury ? Je ne le pense pas.



Le lendemain Raincheck jouait à Toulouse chez les copains To Loose Punkers pour leur TLP Winter FEST Vol.2 à la Cave à Rock. On espère les revoir dans le coin pour une autre explosion de jouissance.

Important : Vous pouvez retrouver tous les lives de cette soirée via la page vidéo du WBZ.

Dernier conseil : Ne regarde pas le doigt du type qui te montre la Lune, vas-y.

C'est un conseil qui a son importance. Déconnecte-toi de la vie virtuelle, sors, va te confronter à la réalité, tu verras que tu ne seras pas jugé.es, emmerdé.es, importuné.es, tarabusté.es. C'est des conneries le jugement des autres, parce qu'en fait tout le monde s'en fout, il n'y a que toi qui te juge. De toute façon, on fait, on ressent comme on veut. Pour exemple, je suis souvent silencieux quand je crie à l'intérieur mon émotion. Et alors ? Pas besoin de se faire remarquer pour vivre.

Dans la vie on peut très vite être vampirisé par des personnes malveillantes dont le processus d'aliénation de vie correspond à la sentence Darwinienne : le plus fort bouffe les autres, alors que la vérité fondamentale des humains c'est que le meilleur sauve les autres, ce qui nous distingue du règne animal. La vie n'est pas faite que de fatalité, regarde la Lune, ce 21 Décembre 2018 elle était pleine, lumineuse, et ses représentants sur Terre ont une fois encore électrisé cette marée émotionnelle, dans un flux et reflux musical éclectique, dense, propulsant un joyeux bordel.

Merci au Café Jean-Jaurès, à Saint-Pétersbourg, Skull Soda, Raincheck, à Gim et sa compagne pour Pollux/Xtremefest, au public, et mile fois merci à la Lune derrière les granges.


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