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Emma est bien mimi avec sa voix chaleureuse, un peu comme une réapparition spectrale d'Alanis Morissette, elle est cependant davantage connue au sein du groupe Marriages, pourtant Emma a conquis en solo par sa douceur lunaire décroissante.


La sensibilité cotonneuse dont parfois elle semble faire flotter sa musique à la surface du dark joue de son errance subtile, surtout pour déposer des cendres rock sur de la dentelle mélodique. Avec un écrin à fleur de peau, et même avec toute ce que l'on avait pris soin d'enterrer auparavant, on est saisi.

Ainsi c'est jolie, charmant, mais on sent la finesse de la broderie latente malgré tout, pourtant on lui pardonne.

Sur cette disculpation, tu dois connaître parfois cet ennui secret qui advient quand tu attends d'être à nouveau touché en plein cœur par cet artiste qui avait su émouvoir jusqu'à remuer en toi l'indicible beauté crépusculaire, et qui n'arrive pas toujours à le reproduire malgré le fait d'enjoliver l'ensemble pour te replonger dans cette même sapidité.

Il se passe un peu cela avec ce disque. Alors il me faudra attendre et laisser filer avant d'être envahi par la romance vespérale de ce « On Dark Horses », et même d'aller agiter la magie noire de PJ Harvey, de Nick Cave, de Siouxie pour parvenir à percer les arcanes mélancoliques et fiévreuses de cet opus altérable.

Même si le crépis mural de la maison s'effondre on sait qu'en dessous furète l'envoûtement cold wave/post-rockien d'Emma et de son velouté cuprique. Tout comme on entendra en écho intime son ivresse mélancolique et la douce vénusté emprunt de fumerolle féerique de Tori Amos.

La charmeuse Emma envoûte dans le secret d'alcôve de sa musique lunaire, en étant la dépositaire de cette communauté de l'ombre qui de King Dude à Chelsea Wolfe crie pour l'introduction de la louve dans les bois maléfiques afin de perpétuer l'alchimie du rêve ténébreux.


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