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Le froid ankylose salement la gaîté collective, et le/la Sudiste le sait, c’est pour cette raison qu’il/elle se réchauffe à la folie ordinaire de l’underground.

La jeunesse d’Occitanie s’est vue conviée à un week-end à Albi, où la programmation permettait de retrouver l’alacrité correspondant à une injection de musique amplifiée. Pour ce faire, l’association Pollux a créé un nouveau festival dédié sur 3 jours entièrement à la culture punk et à la scène française. Cela permettait par la même occasion somptueuse de clôturer l’année de Pollux asso avec un événement dans la belle salle de l’Athanor.

Concerts : Young Harts + Off Models + Wank For Peace + Diego Pallavas + MSS FRNCE + Nightwatchers + Circles + Short days + Vegan Piranha + Feed The Cat + Boneless + Dirty Fonzy.

Projection : documentaire Diesel, réalisé par David Basso (présent lors de la projection)

Vernissage : expo photo de Delphine Gabet ♥

Stands distro et fanzines le samedi 7 décembre

Lieux : bar le Jour de Fête, cinéma salle Arcé, salle de L’Athanor, bar Au 14.80.


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La rage cathartique de ne plus subir le sort d’une vie imposée, est-ce le sens d’une spiritualité subtile ? La pleine réalisation de la recevoir ou de la concevoir réellement ? Cela fait plusieurs années que je me frotte l’occiput à la question. Mais je vais vous parler avec le cœur, c’est essentiel.

Je suis certain que vous êtes nombreux.ses à ressentir cette rage cathartique en faisant partie de l’underground, parce que chacun sait qu’à tous les niveaux vous faites partie intégrante du mouvement. C’est véritablement dans cette impulsion, dans cette dynamique qui fait corps avec le D.I.Y (Do It Yourself), relative à cette forte dose d’abnégation que vous osez agir, et à ce moment-là, vous savez que vous vivez pleinement plutôt que survivre à la prestation d’un personnage. Ce n’est pas mettre de la perspective là où la vie plan-plan impose sa cadence à coup de fouet (même qu’on te rabâche à couille rabattue que c’est pour ton bien de suivre le bétail). Parce qu’il n’y a pas de but en soi, ni de reconnaissance, tout ce truc underground, c’est en vous, chacun a son rythme, la seule qui s’impose c’est d’ouvrir les vannes de sa destinée, et lâcher prise : Vous êtes et ressentez la correspondance de votre unité toute entière à quelque chose de vital pour vous.


Mouton noir

Cela n’a l’air de rien, pourtant c’est dans ce rien que vous êtes relié.e au tout, à cet ensemble qui ferme la boucle perpétuelle à votre existence. Le rock est une musique tapageuse qui a su créer du mouvement et des formes subtiles d’interprétations de l’existence.

On a longtemps fait croire que le rocker était un noctambule en prise directe avec ses addictions compensatoires, dont la seule mutinerie consistait à fuir la responsabilité d’un modèle de vie tracée, cherchant dans l’ivresse d’un shoot d’adrénaline électrique les sens oubliés de l’exaltation orgueilleuse d’être à sa place. Son rejeton punk rocker avait assimilé tout cela, mais il a su subsister à l’arrogance narcissique une géniale ferveur fraternelle. En intégrant ceci, l’underground est encore là, dans son alcôve, mêlant à sa mystification une plaisanterie à profiter sans profit de son existence, de son insistance à créer, et à composer dans l’ombre une vertu essentielle : La rage cathartique de ne plus subir le sort d’une vie imposée…par intermittence, mais jamais par inadvertance.

Peut-être que cette participation ne dure que le temps d’un concert, où pendant l’écoute d’un disque, que sais-je encore…et après il te faut bien remettre le costume d’un autre, de celui qui participe à un système global par défaut, on le fait quasiment tous.tes, qu’importe. On ne le fait jamais entièrement, parce qu’on le sait tous.tes très bien, on ne peut pas se mentir à soi-même éternellement. Le déni est le détonateur de la bombe humaine. Advient un jour où tu imploses littéralement, et ça fait très mal. On sait que la vie est un claquement de doigt dans la main d’un rocker, que la prudence rend aussi fou que l’inconscience. On a appris qu’il n’y aura jamais de terme positif à notre reddition, que nous sommes la somme de nos fêlures, de nos peurs, que nos regrets sont attachés à notre nostalgique traîtrise, et que nos perspectives sont diffus dans un futur incertain.

Mais rien, ni personne ne nous empêche de vivre chaque seconde comme si c’était la dernière, de hurler par amour de l’existence que nous sommes à chaque instant la vie même, et qu’il n’y a pas plus beau que l’incandescence de le concevoir, même quand on t’oblige à affirmer que l’underground est un faux désir, une chimère dangereuse face à la réalité concrète. Personne ne pourra changer ta pensée libertaire de ressentir que l’underground est une nuit qui fait jouir une lumière en toi. Si tu ne saisis pas cette nuance dans ta vie, alors tu resteras habité.e par un.e autre, et jamais tu ne pourras éveiller ton aura, ta vibration, cette fantastique énergie qui sommeille en toi afin d’être, présent. Ne pas tricher avec soi-même.

Tu ne seras jamais exceptionnel, mais différent.

Il n’y a rien de prétentieux à affirmer cela, c’est une vérité, parce que comme 80% des gens dépositaires, tu serais juste là pour conjuguer le verbe Avoir avec l’ironie du primate. Chacun vit sa vie, il n’y en a pas une meilleure qu’une autre pour autant. Il y a des gens bien dans leur basket qui s’aperçoivent un peu tard qu’ils sont passés à côté d’une vie, quand d’autres vivent leur vie à côté de leur pompe. Il y a une infinité de vie parce qu’il y a des choix à faire, que tu es la vie que tu décides d’être, et quand il n’y a pas de choix c’est le mystère qui fait sens.

Il y a tout de même des conséquences à cette prise de conscience désobéissante, c’est une électrisation au courant alternatif, qui continue de pulser à des personnes la réalisation de concert, manifestation, création d’objet musical, artistique, et bien d’autres choses permettant de transcender, non pas la morosité du quotidien, mais tout votre être dans son entièreté. Là où la pop culture enfile les perles et les costumes et vous fait croire à son échappatoire de spectacle vivant pour vous vendre un style de vie, ou toute autre chose de vendable, le Pvnk Rock dans son immensité de styles et de dérivations artistiques vous habite au cœur de votre existence. Le rock stimule la révolte intérieure, le punk rock repense le collectif.

« Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris. » Oscar Wilde

Bien entendu c’est très facile d’affirmer cela. En étant plus terre à terre, un groupe de punk rock c’est des ami.es qui ont trouvé la façon d’agir en conséquence de leur foi en quelque chose. La réalité est implacable, l’envers du décor c’est que le van est encombré, l’exiguïté crée les tensions, les egos exaspèrent les relations, se donner à fond pour garder la foi, même avec de très belles rencontres humaines, même si une fois sur scène le job est réalisé devant une audience relative, il y a toujours cet instant où la question « A quoi bon ? » revient imprimer sa part d’échec à sa propre désorientation personnelle, et face à toutes les compromissions de la réalité du terrain.

Pourtant il se passe toujours quelque chose d’essentiel, ces groupes dépassent le mur du son de leur existence en étant dépositaire de leur sincérité.

La création est un moyen non pas de fuir mais de s’accomplir, et chacun créer dans l’underground, à tous les niveaux et ça, tout le monde l’a compris, puisque tout existe encore, puisque cette vibration se répand, tout autant que cette énergie que des gens ont jeté de leur émoi avec une superbe incandescence. Il y aura toujours quelqu’un pour reprendre ce flambeau. C’est une revendication engagement, une nécessité intime. L’on ne compte plus tous ceux et celles qui ont jetés l’éponge aussi, et il y a toujours quelqu’un pour mettre leur ombre en valeur, donner vie à la chaleur de leur participation, on peut même parler de dévouement à une tribu, mais pas de payer ton tribut à une cause perdue.

Alors brûler dans l’enfer des cieux sonique me semble être une réponse directe à cette rage cathartique, dont l’agitation émotionnelle tient à la vie comme à une cordée d’immortalité.

Ne pas ressentir ce venin transcendant, c’est que vous n’êtes jamais parcouru par le hérissant frisson de l’existence pure.

Le punk rock c’est l’impulsion de Vivre et de möurir à chaque seconde pour renaître de ses cendres fantomatiques. On trimballe toujours avec soi celui qui nous précède, mille peaux nous contemple et interagisse en nous par le suc expérimental de notre vécu. On garde le fer de de lance de chaque expérience afin de forger sa maturité à l’inaccessible réalité des hauteurs de son aptitude. Parce que le plus important n’est pas de comment vivre, mais de Vivre.


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Pourtant on ne cesse de faire admettre aux gens qu’ils sont des bougies parfumées.

Comment ne pas être en colère permanente contre ce canular, cette forme d’hypocrisie ? Contre cette agonie que l’on ressent fortement, parce que ça empeste à vomir d’être confronter face à des gens que l’on aime, mais qui se resserre le cœur par des protections, pour ne pas affronter leur peur, leur inépuisable dissension intérieure à rugir avec courage. Aller à l’encontre de soi c’est la résignation par le déni. C’est le subterfuge de la brutalité qui roupille pour mieux éclater.

La colère est un vecteur d’énergie et d’affranchissement. Mais garder sa colère en permanence c’est comme conserver un chardon ardent, on se brûle soi-même.

Souffler dessus et la jeter dans la nuit est un acte de révolution personnelle et qui fera écho à tous ceux et celles qui en verront la lumière rejaillir en eux. Et tous les autres contre-feux ne seront plus que factices à côté. Tu constateras alors que tes semblables ont cette même résistance à la douleur colérique, et que le brasier étendra son linceul à chaque personne devenu flambeau.

Le feu a sauvé l’homme depuis la nuit des temps.

C’est un feu de joie démentiel qui t’attend, Viens brûler !


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Le trio BONELLESS est jeune et sa naïveté confondante reste vierge de toute théorisation. Sur scène c’est spontané. C’est leur candeur qui fait force et courage. Surtout à 18h00, devant une audience clairsemée. Ampli mal branché, corde qui pète, qu’importe, les gars ne sont pas là pour enfiler les perles de culture. L’esprit est oldschool, l’expérience scénique se réalise et s’accomplit dans l’instantanée. Le trio a faim de bouffer du bitume, des attentes de vivre intensément et surtout, la foi dans leur punk de rue.




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Es ce que FEED THE CAT jouera du skate punk après 40 ans ? On n’en sait foutrement rien, par contre ce que l’on peut affirmer, c’est que le groupe garde la foi au sk8 pour sa capacité à faire glisser De This is a Standoff, A Wilhelm Scream, Belvedere, Strung Out, Satanic Surfers, Millencolin, à NOFX des mélodies en cascade, passant cul par-dessus tête avec des rythmes et breaks en fusion. On entend bien leur influence autour du Skate Punk, Punk Rock, Hardcore et même k-pop. Ce crossover ne souffre d’aucune distanciation musicale, il s’effectue avec une pleine résolution d’énergie et une intrépidité de cœur, dans une ardeur musicale avec style et panache contre un automatisme prudent. Un peu quand tu te lances les yeux exorbités d’adrénaline sur une rampe de 6 mètres de hauteur avec ton planchot mal branlé offert par Mamie dans un supermarché.

Miaou & Ollie Shove-It

FEED THE CAT a, depuis 2013, basé son Sk8 punk mélodique par une empreinte de technicité, vélocité et rapidité d'exécution qui n'efface en rien tous les contrastes de sa personnalité musicale.




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VEGAN PIRANHA ne patauge pas sa musak dans une mare à canard. Ce groupe est un délire à lui tout seul, même Cousteau aurait surfé avec eux sans problème. En live le groupe libère sa carnassière musicalité, toujours portée autour de l’ensoleillement Californien punk, avec une sonorité surfique garage. Vegan Piranha utilise tout l’espace scénique et son chanteur distille une énergie opiniâtre à maintenir l’attention. Il y avait dans cette abstraction de vice la riposte fulgurante à une agitation permanente. Ça fonctionne donc très bien, d’autant plus que leur musique est coOol et qu’elle se transfigure d’elle-même à une forme de crossover entre Mucky Pup et The Adolescent. Les Beach Boys chantaient « Fun, Fun, Fun » pendant Vegan Piranha exultait à sabler les planches de surfcore.

Attention au drapeau rouge quand VEGAN PIRANHA est dans les vagues !

Le quatuor basque à la sauce Landaise électrocute un HxC punk ensoleillé par le crossover Californien d'Agent Orange à Adolescents avec un son entre reverb et nervosité punk. Aussi cool que carnassier dans la vie comme à la scène le groupe réplique aux questions du WBZ avec la même fusion que sa houle sonique.




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Le WBZ devait réaliser une itw avec le trio Lillois SHORT DAYS.

Je suis allé vers eux et j’ai rencontré des personnes intimidées, disposant d’un mal-être existentiel avec cette incompréhension d’un monde irresponsable au penchant archaïque. Si l’on se fie à l’apparence que le trio projette, maladroitement et durement on ne voit pas une timidité déguisée mais une indifférence à la porte du laxisme. Pourtant c’est faux. Si l’on constate leur timidité alors on voit cette cuirasse de protection à se sentir contre-nature, et par contraste il en ressort une insolence punk à être différent même dans l’underground. Short Days a renoncé à beaucoup, et il se confronte à la réalité contemporaine où tout doit être contaminé à l’image que l’on renvoi, et non à qui on est. Cela le met en indélicatesse avec le poids des autres, étant mal équilibré par la répartition des apparences. Short Days n’est pas dans l’engrenage du regarder et paraitre, il a abandonné en filigrane l’obtention d’une reconnaissance esthétique pour et par des initiés. Il s’est enfermé dans un cachot. Pourquoi ? Le trio est taiseux.

Le taiseux par nature se fabrique par son environnement, sa famille, son milieu social, on lui a inculqué à s’effacer devant des personnes en confiances, qui maitrisent les rouages de la communication.

Donner sa parole l’engage à se livrer, il ne peut mentir, se trahir. Il ne possède pas les codes pour sortir du cachot. Il en garde un pessimisme résigné, et une amertume vers l’oubli, le renoncement et la fatalité de l’existence.

Le groupe a réalisé sont set en 18 minutes, bon dans le nom du groupe il y a un indice même pas caché : Short

Être percutant, mordant, incisif, libérateur c'est la base musicale du groupe comme leur lignage avec Youth Avoiders. Sur scène le groupe est statique et l’unique phrase fut : « On est Short Days et c’est notre dernier morceau, merci ». Le bassiste a joué de biais au public. Il n’y a pas d’interactivité, de séduction, il y a un juste groupe dont l’unique capacité à s’exprimer dit tout dans sa musique, dans son cri hardcore. Pour moi ce n’est pas une tare, et aussi absurde et cruel que cela puisse paraître, c’est une preuve d’authenticité absolue, et même une capacité taoïste à maîtriser la non-maitrise par le cri HxC.

Dès notre venu au monde, c'est un cri qui sort.

Cela signifie que depuis nous prenons acte et conscience à travers ce cri. Être en vie c'est le hurler par un cri, primal. Il vient du plus profond de ton être, sa pulsation c’est son insistance à faire rugir ton existence. Si la douleur se manifeste par un cri, elle en est de même pour la chaleur d’aimer véritablement. On crie comme on pleure, et chaque émoi est une agitation troublante surgissant en un cri de vie.

J’ai revu ce trio au long de la soirée sans jugement, et avant de partir il s’était déridé avec confiance, puisque chacun m’a souri. La boule de feu qu’il tient dans sa musique est sa résistance au temps et à la vigueur de son existence en Vie…Loin de son cachot.   Il me semble que c'est important que même dans l'underground, et un mec comme Till de Guerilla Poubelle en fait la remarque, laissons les taiseux/timide/mal dans leur peau exister sans jugement. Ne pas se sentir exclu, aliéné, solipsiste et solitaire dans le pvnk Rock.

Short Days éclaircit son existence sonique par sa musique, et c'est libérateur pour ces pessimistes révoltés. Alors achetez leur disque, allez à leur concert, et encouragez-les !




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Revenu d'une tournée récente en Scandinavie, NIGHTWATCHERS appose à sa frénésie musicale les nuances boréales power pop punk qui cristallise son essence, quand l'acariâtre halé dystopique y soupèse une fougue de noirceur. Guitare claire et punk rock avec une pointe de dark, on se situe entre The Hives/Ramones et Not Scientist. Le groupe s’emploiera durant son set à développer sa dynamique régularité musicale par un synchronisme sonique. Cette stabilité d’interprétation produit son vertige et une correction franche, tant les titres électrocutent une salutaire percussion d’émotions.

Les Toulousains de NIGHTWATCHERS font osciller un punk rock dark avec leur dernier magnifique album « La Paix Ou Le Sable » qui n'est pas un leurre de froideur, au contraire ils démontrent avec fureur et délicatesse un sens du combat et de la profondeur de la composition dont son récent opus en est l'aboutissement. Confirmation lors d'une itw où le groupe a témoigné sa vision auprès du WBZ :




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CIRCLES ne minaude pas à faire exhorter sa musique entre post-harcore et emo. Car pour créer cette dose punkcore il faut que la frustration, la souffrance tourmentent l'obscurité de l'existence pour qu'explose tout vers la lumière, et le groupe en précise la consistance en concert par des convulsions disparates, telle la nervosité d’un tigre en cage. On est très loin de l’instinct neurovégétatif à jouer sans vraiment y penser. L’attitude est directe, et cette véracité est un aboutissement sur scène. Je pense que pour Circles leur musique se doit de rester sans condition, et cette liberté se compose d’une sincérité de ton et d’action.




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MSS FRNCE est un groupe à l’énergie salvatrice sur scène.

La construction musicale du groupe prend les atours vibratoires compris entre Black Flag, Circle Jerks, The Descendents, Refused, Flipper, Minor Threat, Stupeflip, et Ta Gueule.

On peut se demander d’emblée s’il n’y a pas un problème avec les voyelles dans leur patronyme ? Il me semble que le groupe a fait l'inverse du roman « La disparition » de George Perrec, en conservant uniquement le E. Un germe Oulipo absurde comme une correspondance à leur faculté tant musicale que scénique, qui consiste en l'invention et l'expérimentation sans contraintes d’expurger tout le fiel en eux.

Mss Frnce est une balle rebondissante en live. Nous avons eu sous nos yeux ébahis une splendide coordination de gestuelle impromptue par des corps hystériques. Le chanteur a une danse comportementale comprise entre Jagger et Ian Duris aka L’iguane et Lyxzén de Refused. D’ailleurs il y a pas mal d’injonction sonique dans les premiers opus des Suédois chez les Parisiens de Mss Frnce. Il y a dans leur musique beaucoup d’impulsion, d’éjecter la terminaison noueuse de tension permanente par une explosion de cynisme, et par antithèse de passion amoureuse. Ouaie, ce groupe aime autant être en étant de fibrillation passionnée par un romantisme exacerbé dans son écueil d’embrasement, que dans le zèle du mépris à châtier avec aberration un monde violent. Son instinct lui prodigue une effusion en concert très convaincante, on en ressent l’excitation tout comme l’élan à prendre son pied sur scène, et cela traduit une sorte d’ébriété sonique vraiment cathartique. Le groupe possède cette faculté maligne de déjouer son apparence de garçon pop par ses charmes de folie ambiante, et à assainir une saveur anarchique. Chez eux l’absurdité est géniale. Par exemple le titre « Tocard raciste urophile mais président » sur leur opus ‘’II’’ est plus long à dire qu'à jouer (2 secondes d’exécution) avec le mot ‘’Porc’’ comme unique parole.

Je me suis demandé toutefois si ces Parisiens avaient un souci avec le Sud. Leur titre « Bahamas et sa fin » chante Une vie de merde à Palavas et sur leur premier E.P, le bien nommé « I », il y a le titre « JPP » dont les paroles débutent par « Jean-Pierre, réactionnaire. Fasciste. Sudiste de France profonde. Dément. », alors que Jean-Pierre Pernault est natif d’Amiens.

Conclusion, non seulement Mss Frnce ne chante pas avec ses pieds mais il parle en concert avec les mains. Ces quatre garçons dans le vent du ciel de Paris sont venus tempétueusement bousculer avec un HxC punk urgent et diablement énergique. Ces gentils garçons bien apprêtés sur scène provoquent une libération urgente d'un chaos anarchique et génialement cathartique. Le contraste demandait des réponses :




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C’était le dernier concert de WANK FOR PEACE, non mais vraiment quoi.

Leur punk HxC a évolué avec le syndrome de Peter-pan, afin de repousser ses rêves comme une façon de développer une forme d'alternative à son existence. Parce qu’être dans la marge c'est aussi une forme d'amertume, d'empathie pour la désillusion, la souffrance des autres que tu portes comme une libération de paroles communes. Le groupe en a fait émerger l’iceberg avec une réalisation explosive et intense.

On peut se poser la question de la dernière fois une seconde ?

Comment agir quand tu sais que c’est la dernière fois que tu joues ces chansons avec tes copains de cœur ? Comment réagir à la densité d’une telle agitation émotive ? Wank For Peace a joué serrer, de manière animée pour que le point final aboutisse à distendre l’agitation vers une déflagration pérenne, dans tous ceux et celles présent pour en propager l’intensité, dans cette variable de sensation épidermique, capable de soulever le poil dru à des hauteurs vertigineuses à la base du pubis.

WANK FOR PEACE a raccroché les gants en 2016, puis il s'est laissé porter par l'engouement de son public à se retrouver afin de prolonger son histoire et la parachever, parce que la prochaine aventure a déjà germé...Que restera-t'il de tous ces moments de grâce avec Wank For Peace ? Voici des éléments de réponse :




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Dans cette niche underground, le novice et esthète constate à sa première analyse que cette peuplade est garnie de superbe loser (perdant), qui considère leur situation dans l’irrépressible marche abrutissante du monde libre avec cette amertume en bouche, provenant du pourrissement des racines mêmes de soi. Le voilà bien l’artiste ainsi réduit dans ce narcissisme de pacotille qui accule le poète maudit à se tordre de douleur dans l’auto-apitoiement de sa génuflexion. Bien entendu le monde est magnifique comme une publicité de lessive bio et d'un S.U.V écoresponsable. Pour réussir ta life c’est easy, tu n'as qu'à traverser la rue pour la compétition, ou bien avoir la naïveté « Fuck the world » du punk boutonneux pour replacer la positivité vers un contexte salvateur. L’esthète peut croire voir du génie incompris à l’état brut/pur, indispensable à la roue libre de l’Ôrtiste souvent limitrophe de l’écorché vif. Or la croyance est une forme de dépendance et de souffrance, puisque on ne fait que porter sa croix, sa cruci-fiction avec son imaginaire rêvé. Tu peux te couper une oreille devant autant de malédiction, rien n’y fera, et en plus tu entendras moins bien la musique.

Il est préférable de se détacher de cela, de vivre ce que tu as à vivre dans l’instant, et si possible sans trop d’égo. Mais l’ego est aussi marrant quand on en joue comme un trublion, regarde Diego Pallavas.

Ce qu'il y a de formidable c'est de hurler tes tourments en étant en vie, et dans une joie posthume à la racine du mal qui te ronge. Relis et relis cette phrase comme un mantra si tu ne comprends pas, ou bien va hurler dans un concert de punk HxC si tu oses.


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Pour DIEGO PALAVAS la vie est un jeu, la scène est un théâtre à ciel ouvert sur les conditions de vue et de ressenti que l'on décante, clarifie à la lumière de sa vision. On peut s’amuser d’être sur scène pour incarner délibérément un double, comme l’agitation triviale qui submerge le Joker.

En live, Batbat de Diego pallavas c'est Didier l'Embrouille, sans être fan du cowboy de Nice, LE Dick. Le groupe secoue son punk’n’roll comme à la récré par une transfiguration habile et potache. C’est joyeux et urgent à la fois. Cool et fun, avec la forme d’agitation du carnaval des détraqués et l’entremise des ombres du punk alternatif et du pvnk oldschool britannique.

Toujours en cavale rocambolesque

Le punk'n'roll de DIEGO PALLAVAS représente depuis 2004 la fantaisie de The Adicts avec le punk alternatif français et l'appel de détresse ironique des 999 britanniques. Ce groupe de ventriloque à l'ironie superbe pour le roman noir est aussi burlesque que génialement rock'n'roll, il personnifie parfaitement cette citation de Georges Simenon “Un personnage de roman, c'est n'importe qui dans la rue, mais qui va jusqu'au bout de lui-même.” Le WBZ a pu rencontrer la gentillesse et l'humilité de Batbat :




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Le point négatif de la soirée c’est qu’il n’y avait pas trop de monde dans le public, je ne peux l’expliquer, l’affiche était vraiment très cool, le piyt n’était pas en effervescence, bon ce n’était pas un congrès de vipère hein.

Le point positif, c’est qu’il ne faut jamais tricher avec tout ce qui brûle à l’intérieur, car cela demeure essentiel quand tu lances ton cri, quand tu lances le venin de ta colère, tes tourments dans cette pulsion de vie.

Merci à la Dream Team WBZ : Junk cacahuète & jus d'orange, Big Jim. Merci à l'asso Pollux, à Boneless, Circles, Diego Pallavas, Feed The Cat, Mss Frnce, Short Days, Vegan Piranha, Wank For Peace, tous les copain.nes punkers qui soutiennent la scène indépendante.

Retrouvez tous les lives de cette soirée sur la chaîne WallaBirZine.


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Le Voice Of a Generation est multigénérationnel !

Surtout si l’on prend en compte le mythe du « My Generation » des Who, et de cette génération des Beatles qui s'est accomplie en ayant capté et canalisé le timing ultime pour universaliser leur musique auprès d’une génération entière née après-guerre, dont l'élan économique permettait de révolutionner le monde de ses valeurs anciennes. Les Babyboomers ont eu la mainmise sur l'histoire, sur leur adolescence, et même leur retraite, leur cri était hystérique parce que la vie ouvrait de multiple possibilité d’accélération à la consommation de masse. Ils ont fait chier leurs parents, ils emmerdent leurs enfants et petits-enfants. Ils laissent un monde en ruine, et n'en n'ont strictement rien à foutre. « Live fast die old, fuck the world » restera pour les générations suivantes l'anathème de l'héritage de leurs aïeuls.

La génération X et même la Y et Z étaient sur scène pendant le festival Voice Of A Generation à Albi, organisé par l'association Pollux. Le cri n'était pas le même que celui des babyboomers, c’était « Out Of Step ». Pour se faire il y avait ce tourment existentiel, de la colère, de la désinvolture, du sarcasme, de l'ironie, et une fougue jamais démentie par la sincérité frontale a joué pied au plancher une musique libre et cathartique, sauvage et impulsive, remplis de souffrance et d’abandon ultime.

Même si et souvent les événements mémorables ne ressemblent jamais à ce qu'on attend d'eux, c’est à chaque fois bizarre de vivre intensément un événement avec l’impression d’aspirer la vie sans le savoir, et nous la rendons ensuite transformée, sans connaître le travail d'alchimie qui s'est produit en nous à l’instant présent, mais bien après, pour finir par en nourrir le besoin et la beauté venimeuse dans les vestiges de la nostalgie.

“Les gens ont peur d’eux-mêmes, de leur propre réalité et par-dessus tout, de leurs sentiments.” Jim Morrison