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Même blottie dans un coin d'une pièce claire la louve Chelsea Wolfe est de retour dans les vastes plaines moroses de l'obscur et de l'expérimentation acariâtre.

Son"drone-metal-art-folk" est caractérisé par un jeu de guitare expérimental, des chants éthérés et des sonorités surréalistes, allant de Björk à Nine Inch Nails, de Nick Cave à Tori Amos, de Siouxsie Sioux à Suicide, de Kate Bush à Pharmakon, de PJ Harvey à Aphex Twin...Ce 7ème album appose une mouvance opaline pour un charme vénéneux.


Mais si ! Parce que la louve s'avance à travers des atmosphères profondes et brumeuses et qu'elle fait apparaître pour se dévoiler. Elle s'offre ainsi à nue aux ténèbres, poursuit dans l'antre de variation baroque, au contour de la noirceur gothique et de son venin, puis retourne sans cesse à la fragilité de l'évanescence, et toujours avec la puissance de la sauvagerie. On a toujours la sensation qu'elle est insaisissable. Alors elle croque, triture les sons, défricheuse dans le bois dormant de son anxiété, elle se jette dans les cauchemars, et c'est là qu'elle mord.

On touche le sublime dans les moments d'orchestrations de musique contemporaine et sur des mélodies douces, mélancoliquement flottantes, avec lesquelles on ne peut qu’assister impuissant à la décadence plus intimiste du spectre émotionnel de la belle.


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Au comble de l’épuisement suit toujours l'apaisement, ondulant entre ambient et léthargie pour augmenter la tension de manière graduelle, et écraser l’auditeur dans une nouvelle bourrasque d’une musique déchaînée, et aussi décharnée dans sa violence sourde que purement jouissive. Elle émerveille et effraye, calme et épuise. C’est l'art de semer le trouble pour faire apparaître la noirceur.

La californienne sort du tréfonds une hypnose musicale avec un côté rêche, âpre, squameux. D'ailleurs elle dénude ses compositions et en contraste l'arborescence avec l'apport du gonflement doOom de la guitare de Troy Van Leeuwen (Failure, Queens Of The Stone Age), le chant d'Aaron Turner (Sumac, Mamiffer) sur le titre Vex et la production de Kurt Ballou (Converge).

Son monde n'est pas hermétique, mais on y entend les peurs enfantines, les blessures de l'amour, les affres telluriques de l'indicible, un univers schizophrénique correspondant aux multiples facettes de cette femme intrigante qui affole les sens, de cette ardente femme qui plaît au cœur ; l'une est un bijou, l'autre un trésor, parce que Chelsea Wolfe est un cristal noir.


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