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Je ne sais pas si il est encore pertinent à notre époque où le topaze fluo révolutionnaire a effacé en partie et pour le moment l'ordre religieux de son vecteur de soumission, de s'agenouiller face à l'orgueil du prince noir Polonais ?

Ben oui prince noir, car Behemoth a conquis par l'usage de ses armes occultes, il a absous l'obscurantisme de la bête par le mystère satanique. Ressuscité à la porte de l'antre mortuaire, Nergal et sa troupe ont obtenu récompense depuis l'album « The Satanist », jugulant une saveur policée 2.0 à sa sève accrocheuse, jusqu'à être inculpée d'être trop idéale pour du black metal même. C'est justement avec cette musique de sang-mêlé et d'une mégalomanie expiatoire suprême qui ont triomphées des masses, surtout avec la puissance d'une esthétique très calculée pour ne plus chercher à avoir mais être attentif aux signes du malin.


god = dog

Marcel Duchamp a démontré que n'importe quoi peut devenir artistique à condition que l'artiste le décide, et que le public joue le jeu de le concevoir. Behemoth prêche sur l'anéantissement la mort dans l'âme, guette la souffrance humaine, et achève les mourants par son sermon de croque-mitaine. Behemoth est un moraliste bien malin, pas plus opportuniste que n'importe lequel provocateur, il ajuste son angle de tir progressiste selon sa suprématie créatrice. Il faut bien perpétuer une nouvelle image pour éviter la stagnation, assouvir dans le temps une reconquête permanente si l'on veut exister.

« I Loved You At Your Darkest » souffre du même mal ardent que son prédécesseur, il n'en reste pas moins pour autant dans ce crépuscule naissant où converge les tourments rageurs, un nouveau virage musical, et invariablement la présence Satanique du blasphémateur qui est toujours aussi revendicative que la célébration "Les Litanies de Satan" de Charles Baudelaire.

En plus d'être un très bon showman, Behemoth est un redoutable amplificateur et un porteur de lumière pour la société du spectacle.


lux ferre