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Bardus a échangé du cobalt contre du Cobain sonique, avec cette dose d'Eyehategod pour racler le gosier avec le papier verre d'Unsane. L'opus "Stella Porta" téléporte son abyssal chaos sonore entre la bilieuse anxiété d’Alice In Chains et le tourment sludgy des premiers albums de Kylesa. Ce qui en soit est une très bonne chose, reconnaissez-le. Il est vrai que la frontière crasseuse entre sludge et grunge est minime, et que leur souillure respective et l’impureté sonique y sont aussi désinvoltes l’une de l’autre.

Bardus défume le psychédélisme à fleur, pour y joindre les délires de Lewis Caroll dans un champ de champignons magiques à forte teneur en molécule psilocybine et psilocine. Mais un Caroll avec l’inspiration dans un champ de boue noirâtre, insalubre. L’album dans sa fulgurance délivre quelques effets psychiques avérés dans le cas de cette ingestion hallucinogène :

  • fou rire, euphorie, relaxation ;
  • chute de la concentration, invalidation des raisonnements logiques ;
  • illusions sensorielles, synesthésie ;
  • distorsions spatio-temporelles ;
  • visions autoscopiques ;
  • expérience mystique ;
  • réémergence des souvenirs oubliés ;


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  • sensation d'omniscience, d'ultra-clairvoyance ;
  • introspection ;
  • ralentissement du rythme cardiaque ;
  • dilatation des pupilles.

Bref, c’est le menu gratin de tout trip inaugural dans la sphère psychotrope en somme ! Les guitares sont lourdes, la basse profonde, le rythme volumineux, le chant criard et crasseux. Leurs compositions dégoulinent de bave sludgy, de souffre grunge, d’amertume bilieuse post-hardcore, de démence hallucinatoire.

Ben oOoui c’est un trip, c’est un cri, c’est débordant d’insalubrité, copieusement saturées d’étincelles sombres. Bardus aurait juste dû appeler son album « Magic Mushroom ».


Wake up !

BARDUS (Noise Rock/Sludge - US) a sorti son nouvel album intitulé "Stella Porta" le 1er avril aux formats CD et digital chez Solar Flare Records.