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Ce bouquin est un recueil de nouvelles autour des chansons des Sheriff, joyeuse troupe de Montpellier dans le district la Paillade, un des 15 quartiers les plus dangereux de France.

Vous avez compris.e que le seul truc vraiment sensationnel dans cette introduction c'est le rapport entre la chanson directe et la fiction tranchante autour des Daltons Méditerranéen, hein !

Digresser dans le goudron et les plumes autour du punk'n'roll des Montpellierains fixe l'ancre indélébile de faire perdurer toute une époque, un mythe, un groupe, les lumières dans la nuit électrique, la glue punk-gum, le débordement désinvolte du punk rock, son insouciance guillerette, sa déflagration intemporelle, sa gestation juvénile, sa sommation furibarde, ses cicatrices sourdes, son apostrophe fanatique, son excitation chaotique. Ce n’est pas plus con que cela. Toutefois encore faut-il trouver l’angle adéquat pour en saturer l’espace. Dans notre ère narcissique, on peut vite sombrer dans l’exercice de style, il n’en est point le cas, puisque subsiste dans l’underground cette qualité de plume libertaire non pas recentrer sur son nombril mais sur le partage à faire vivre le cosmos alternatif en parlant à tous.tes de l’ensemble, parfait contrepoint, et contrepoids subtil pour catapulter dans un même livre des histoires aux styles littéraires versatiles et variés.

Dans le désordre on retrouve peu ou prou la plupart des auteurs.trices ayant déjà évacué leur vision avec le recueil « Parce que ça nous plaît, 20 nouvelles électriques autour D'OTH ». Il y a Eddy Bonin, Marion Chemin, Pierre Domengès, Serguei Dounovetz, Alain Feydri, Patrick Foulhoux, Giuglieta, Guillaume Gwardeath, Stéphane Le Carre, Jean-Noël Levavasseur, Jean-Luc Manet, Karine Medrano, Stéphane Pajot, Stanislas Petrosky, Jean-Bernard Pouy, Frédéric Prilleux, Thierry Saltet, Luna Satie, Marc Villard et Max Well.

Chacun.ne joue son Josh Randall, en parfait chasseur de prime time sonique, et dégaine plus vite que son ombre afin de rattraper les lyrics fluides et élastiques des Sheriff, dans cette tonalité urgente du punk (les nouvelles sont courtes, sorte de shortcut plumitif), mais sans l'accent sudiste. Cela se lit avec une désinvolte saturation légitime, tant chaque nouvelle téléporte sa mélodie correspondante à un titre des Sheriff. Il y a de la réappropriation, de la fantaisie, du burlesque, de l'outrecuidance. Il manque peut-être une ressemblance et la proximité cartonnesque à la musicalité Ramonesque des Daltons du sud. Cet ouvrage est dirigé par Jean-Noël Levavasseur, la préface de Nasty Samy, et c’est Kicking book qui édite.


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Cette maison de qualité Kulturelle pour le high-kick sonique sous toutes ses formes (Kicking Records) suit ses pérégrinations de la culture alternative sous toutes ces coutures. Il se murmure qu'une troisième mouture plus festive serait en cours d'étude, et que son leader charismatique, Le Sieur Mr.Cu ! introniserait une nouvelle génération de sale gosse, dont je ferais partie, pour parfaire un recueil audacieux entre l'idiosyncrasie gonzo et la compulsion narrative d'un autre fantasme sonique, en la personne du chanteur Carlos ( le look très nineties avec le bandana à Axl Rose, chemise Hawaïenne à Magnum, le ventre à bière d'Andreas « Gerre » Geremia  du groupe de thrash Allemand Tankard, sur une musique de mariage et les lyrics d’Annie Cordy).

Voilà bonne lecture et Big Bisou à Mr.Cu !