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Il n'est point difficile de décrire la musicalité de ce groupe depuis sa constante évolution pléthorique, il y a des repères dans sa discographie selon les différentes tendances musicales pendant une époque donnée et définie.

Ceci est réalisable uniquement dans le cas où tu es un mélomane aguerri du dit groupe en question, et pourra jouir sans entrave de cette musicalité libertaire. Malgré ta virginité à Annihilator et au fait qu’après une première écoute tu ne pompes rien à rien à la muzak du band, no problemo, tu pourras toi aussi goûter avec obstination aux frémissements de ce thrash métAl Space krautrock prog qui va chercher sur le devant de la scène avant-gardiste des 90's la scission sonique progressiste adéquat avec ce énième album. En ce qui concerne notre ère 2.0 Annihilator s'obstine à démontrer sa maestria et ça crépite, ça scintille de partout, ça Voivodïde (si du verbe canadien Voivod), ça fracasse des riffs outrecuidants et des solos venus d'une autre planète, et surtout d'un autre système solaire que le nôtre, cela va s'en dire.

Annihilator possède cette force centrifugeuse thrashy indéniable, et le groupe bazarde à coup de canadair (normal pour des canadiens nan ?) un océan de démonstration sonique comme il en a le talent, tel que ce Twisted Lobotomy. L'album descend aussi dans le rythme avec la ballade Piece Of You, fort jolie soit dit en passant et dans le mood du Metallica du black album...Bon quand même niveau solo heyyyyyyyyyy ça mouline grave dans tous les sens du terme, et c'est pour cela qu'Annihilator est passionnant, des titres à rallonge qui suivent à l'instinct l'inspiration du grand bonhomme derrière Annihilator, puisque Jeff Waters s'autorise tout, et sa création se dispense de faire la fine bouche quand exulte ses compositions.

Chapeau bas donc une fois encore, tant ce groupe a une capacité à manier les styles, les genres, pour en faire une distinction propre à sa patte musicale, à son terrain de jeu. On passe du thrash triphasé à un titre comme The Way qui est dans l'esprit d’un Danko Jones pour que ça suinte du coOol rawk'n'roll. Le groupe est capable un instant de funk plus tard avec Not All There de mélanger sa sauce à d’autres préparations soniques, et tout le temps ça fracasse des breaks de partout, une progression versatile dans tous les sens du terme, bref du Annihilator pur jus, avec des fréquences de même amplitude qui sont déphasés à l’ensemble du disque mais qui marquent une ambition remarquable à se renouveler sans cesse.


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