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Le concept de noyade est toujours présent en 2018 dans la musicalité d'Alice In Chains.

La saveur lacrymale, l'immersion introspective, l'asphyxie souffreteuse, et toute cette mélancolie qui en découle personnifie le monde engloutie du groupe. Cet opus est une chimère de plus, une île qui secrète une quiétude patente, loin du tourisme existentiel, on baigne dans les eaux troublées de l'intériorisation, là où le noueux attache son amarre, où les angoisses se figent. Mais le génie du groupe est de faire reposer l'oppression en poussière filandreuse, d'aller suspendre le doute en caresse, le mal-être dans un ballet sensible d'effleurement pour en amadouer le piquant.

Si la dissonance musicale est présente elle installe une atmosphère propice à la perdition marécageuse, tout en lui conférant une vision de beauté. Parce que parmi la noirceur il y a toujours une lumière et une beauté, il suffit de lui donner corps et vie, et Alice In Chains en épouse tous les contrastes. Il est redoutable dans l'exploration des cimes ténébreuses. Son paysage sonore est toujours vallonnée de dépravation sonique, de beauté crépusculaire, de perversion insalubre, d'éclaboussure charmeuse, et s'éclaire dans cette brèche ou étincelle une myriade de couleur musicale.

Ombre et lumière, flou et clarté, brouillard et lumière, ce sixième album fait valeur de constance, d’exécution romanesque, de chaleur reposante, d'impulsion de vapeur mélodique et d'ombrage fantomatique dans la discographie du groupe, tout comme on peut lui trouver une redondance, un embarras soporifique, en fait il est lié à votre état naturel mélancolique.

Recommandation : Ce disque est à écouter au repos.


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