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Si Lux Interior était encore en vie, il serait vampire et ferait exactement le même groupe que Abysmal Grief.

Proposant une musique aussi tendu qu’un œuf de Pâques, le groupe dispose du subterfuge anticlérical pour moissonner son champ d’action...Je serais toutefois peiné d’apprendre que cette information ait eu une incidence fâcheuse sur votre sommeil réparateur.


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Les transalpins procèdent à l’incantation occulte avec les ombres de leurs frères de sang Mortuary Drape, The Black, Death SS.

Le groupe existe depuis les 90’s et se promène depuis dans un cimetière avec le triptyque : deuil, tristesse, obscurité.

Oh oui tout tourne autour du thème de la mort. Les atmosphères crépusculaires sont plus proches de la hammer que d’un giallo..Mais les émotions… restent noires.


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C’est à la fois kitch pour cette ambiance de kermesse diabolique, un brin baroque avec des chœurs sataniques (à la place des chants grégoriens) et avec la prédominence de l’orgue à Dracula. La procession est dOöminatoire, la rythmique suit le pas processionnaire de ce rituel ? Funérailles ? Sacrifice ? Ou peut-être bien carrément des trois.

Le band n’est pas un profane, car outre un rapprochement avec la musicalité de Candlemass, on pourrait l’affilié avec Dani Filth, tant l’ambiance gothique surannée est séduisante et dépravée. On pense aussi à la sécheresse de Christian Death, et à sa tragédie passionnelle.

Si religieusement blasphématoire dans les sentiments qu'il invoque, on pénètre cet album comme dans la brume sombre du Styx, convoquant les obscurités mortuaires et fantomatiques d’une musique excentrique.

Chose pour le moins équivoque dans le saugrenu, on remarquera la présence d'un clavecin sur le titre « Dressed In Black Cloaks ».

Saluons donc cette audace de ré-ouvrir le cercueil d'un instrument décédé avec la grandeur ampoulée de circonstance qu'il convient d'apporter.


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Pendant l'écoute je me disais que tout le monde a vécu une tragédie dans sa vie, qu'importe la gravité, seul importe l'influence à laquelle elle s'est gravée dans nos mémoires. Un ami d'enfance avait, tout minot, attaché son petit chat à l'arrière de sa bicyclette avec des tendeurs pour le promener. Il ne s'est rendu compte qu'assez tardivement qu'il transbahutait la carcasse d'un chaton qu'il avait étouffé.

La tragédie humaine remplit un bon nombre d'albums, et malgré la cruauté à laquelle l'homme y puise sans cesse dedans pour en ébahir son succès, j'en viens toujours à me demander si avec le poids de la raison qui est la mienne, je ne devrais pas parfois mentionner le fait que c'est outrageant d'en constater l'effroi, avec le même sarcasme que l'on en accuse le diable ?


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Voilà c'est un très bon album au demeurant dont je vous en conseille l’étude, avec un chant qui tremblote de la glotte comme les bougies d’un chandelier par le souffle d’un défunt atrabilaire. Je ne saurais cependant prétendre que la grande attractivité de ce groupe tient en tout et pour tout dans ce recueil démodé, théâtral et quasi caricatural, au point de s’en moquer parfois avec un ricanement persifleur, pour finalement satisfaire la tentation suprême d’y échoir avec félicité et croyance.

Appeler le 18 !


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